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 Les Enfants des Tenèbres + Aby

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Zéphyr E. Romanov
« The last thing I want to do is hurt you. But it’s still on the list...»
« The last thing I want to do is hurt you. But it’s still on the list...»
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✤ LETTRES A LA POSTE : 1421
✤ ARRIVÉE A HEARTKILLER : 15/10/2012
✤ AGE : 27
✤ OU TU TE TROUVES ? : aux Plaisirs Coupables
✤ EMPLOI/LOISIRS : Gérant du club aux Plaisirs Coupables
✤ HUMEUR : Emoustillé (a)

MessageSujet: Les Enfants des Tenèbres + Aby   Jeu 17 Oct - 18:52




Les Enfants des Tenèbres

Musique

Florence, magnifique ville que Zéphyr appréciait énormément. Il aura parcouru ses rues un nombre incalculable de fois. La cité n’avait plus aucun secret pour lui. Une envie de nouveau, de changer radicalement de décor l’avait saisi il y a quelque mois déjà. Peut-être l’appel de sa Russie natale, dont il n’avait pas foulé le sol depuis plusieurs décennies. Ces derniers temps il avait de la peine à fermer l’oeuil. Une impression incessante d’avoir la gorge nouée, pressée. L’idée de quitter l’Italie lui trottait dans la tête à longueur de journée. S’il n’avait pas encore franchi le pas, c’était en partie à cause de tous les préparatifs que cela demandait. Les esclaves, leur sort était déjà scellé, il ne les emporterait pas. Une dernière orgie pour fêter son départ s’imposait d’elle-même. Il y avait tous ces meubles, les bibelots inutiles amassé au fil du temps, qu’il ne pouvait se résoudre à abandonner. Quelques vestiges de sa vie « d’avant » qu’il emporterait partout avec lui, quoiqu’il arrive. Ses rêvasseries se dissipèrent rapidement lorsqu’une de ses esclaves le percuta. Il leva instantanément le bras pour lui flanquer une correction mais se ravisa lorsqu’il vit toute la tristesse du monde qui s’était concentrée dans le regard de la jeune femme. Jamais il ne lui avait connu pareille expression. C’était peu dire qu’il lui en avait fait subir des atrocités. Elle avait souffert autant que toutes les autres vermines que Zéphyr avait pu avoir comme esclave. Ce ne sont que des défouloirs ambulants, réservoirs de nourriture, rien de plus. Ne prêtant pas plus d’attention que nécessaire à cette esclave il reprit sa route en direction de a salle d’eau.

Ses vêtements l’attendaient, soigneusement placés sur le fauteuil de sa chambre. Ses larbins étaient bien éduqués. Bien que certains demandaient plus d’efforts que d’autres. Lavé et habillé, il prit ensuite place dans le séjour. Une coupe de sang l’attendrait déjà sur la table, accompagnée de la gazette du jour, privilège encore onéreux pour une grande majorité de la population. Petit rituel pour commencer la nuit. Les nouvelles étaient peu réjouissantes, une nouvelle pandémie frappait la population. Le vampire parcourait les quelques pages qui composaient son journal. Lorsqu’il demanda un second verre, il ne fallait pas attendre bien longtemps pour qu’il le lui soit amené. Dès que son esclave eut mis un pied dans la pièce, il leva les yeux dans sa direction. Son cœur battait bizarrement. Il scruta la jeune femme quelques instants. Elle avait l’air d’être perturbée, ce qui attisa la curiosité du vampire. Que pouvait-il bien s’être passé qui puisse la déranger ? La vie des esclaves n’avait rien de trépident. Faire les courses, les corvées. Une sale besogne. Impassible, il reprit sa lecture là où il l’avait laissée. La coupe s’étala sur la table, le liquide visqueux courut le long de la petite table en bois pour aller s’écraser sur ses pantalons. Le vampire se leva d’un bon, envoyant les feuilles de papier voler à travers la pièce. Trop tard. Le tissu était bien imprégné de rouge. Il s’approcha dangereusement de son esclave et lui saisit le visage de sa main.

- Qu’est-ce qui ne va pas chez toi ?

Lui demanda-t-il sur un ton tranchant. Il ne fallait pas le nier. Absynthe était une très bonne esclave qui était très rapidement sortie du lot. Cette attitude étourdie n’avait rien d’habituel. Il finit par lâcher prise. Les révélations qui suivirent l’ébranlèrent. Il n’avait jamais vraiment pensé à ce que les esclaves étaient contraints de laisser derrière eux lorsqu’ils entraient au service de leur maitre. Il était loin de s’imaginer le calvaire que son esclave avait pu vivre. Bien qu’il se doutait que quelque chose en elle s’était brisé. Il ne s’était pas imaginé que devenir la bonne d’un suceur de sang puisse se révéler bénéfique pour quiconque. Immanquablement, le visage de sa sœur lui traversa l’esprit. Il l’avait perdue il y a déjà bien longtemps. De manière brutale. C’est certainement elle qui l’aura poussé à prendre la décision d’aider son esclave. Il allait reprendre l’enfant des griffes de ce notable, qu’il soit consentant ou non. Il avait assez d’argent pour l’en convaincre. Si cela ne suffisait pas, il avait toujours quelques méthodes de tricherie en réserve.

Arrivés devant l'habitation, ce qu’elle voit la tétanise. Ils découvrent une bâtisse en flamme. Elle se rend compte qu’elle a retenu sa respiration lorsqu’elle voit une silhouette sortir des lieux, paniquée, exténuée et rampant vers le trottoir. Elle s’avance vers elle, mais se rend compte qu’il s’agit de César… et qu’Alessandro n’est pas avec lui. Horrifiée, elle se rue sur lui, l’attrapant par le col de sa chemise déchirée, le secouant comme un prunier, lui hurlant de lui dire où est son fils. Contre toute attente, le comte la reconnaît de suite. Ses yeux hagards se portent sur la porte d’entrée d’où s’échappe une fumée épaisse et étouffante. C’est alors qu’Absynthe perd le contrôle d’elle-même. Elle se détourne de ce lâche, puis s’élance à toute vitesse vers la demeure, prête à risquer sa vie pour sauver son fils. Rien ne vaut plus la peine d’être vécu si son bébé disparaît. Par malheur, elle n’a pas le temps d’atteindre la première marche du perron que Zéphyr l’attrape par la taille pour l’empêcher d’y aller. Il lui expliquera plus tard que la charpente n’aurait pas tenu et se serait écroulé sur elle. A cette révélation, elle avait haussé les épaules, et alors ? Elle aurait préféré mourir avec plutôt que de lui survivre.

Absynthe se débat, mais ses bras de fers ne la lâchent pas d’un iota. Elle ne sait plus si elle doit hurler ou pleurer. Les deux à la fois sans doute. « Mon bébé ! Mon bébé ! Mon dieu, pas ça ! Prenez-moi à sa place, mais pas lui ! » Répétait-elle sans cesse, sa vision rendue floue par les larmes.


Une fraction de seconde avait été suffisante au vampire pour rattraper son esclave. Pourquoi l’avait-il fait ? Il n’en connaissait pas encore la véritable raison. Même s’il connaissait Florence sur le bout des doigts, elle avait encore quelque chose à lui offrir. Un présent de taille, qui occuperait une place gigantesque dans sa vie. Il l’avait réalisé au moment où Absynthe s’élança en direction de la bâtisse en flamme. Elle se débattait et hurlait à la mort. Elle voudrait se venger de l’être ignoble qui lui avait enlevé son enfant, deux fois. Lui pouvait lui offrir les armes nécessaires pour parvenir à ses fins. Il décida que son calvaire avait assez duré. Il l’empoigna par la taille et la souleva pour la poser sur son épaule, comme les esclaves portent des sacs à provisions. Il s’éloigna du brasier. Dans la rue les gens se pressaient déjà pour admirer le spectacle. Certains se devaient se demander comment le vampire avait fait pour se déplacer aussi rapidement. Le bruit de la charpente qui s’effondre leur fit vite oublier ce détail insignifiant. Les cris ne cessèrent pas pour autant. Absynthe gesticulait et martelait le dos du vampire de ses poings fermés. Lassé de tout ce remue-ménage, il la posa au sol et lui tint le visage de ses deux mains.

- Je suis désolé.

Ce fut les derniers mots qu’il prononça à son esclave avant de l’hypnotiser, pour qu’elle se montre docile et accepte d’avaler une quantité de sang suffisante, une quantité suffisante à sa transformation. Lorsqu’il jugea que le moment était venu, il prit une nouvelle fois sa tête entre ses mains et la tourna vivement sur le côté, jusqu’à entendre des os craquer.

... Quelques jours plus tard...


L’air était vif. La neige recouvrait le paysage. Seuls quelques mètres de ce superbe décor n’étaient visibles. Zéphyr avait emmené Absynthe en Russie, dans un petit village très reculé. Il n’avait encore jamais transformé d’humain, ne savait pas s’y prendre. Il était néanmoins passé par là et avait pleinement conscience de la rudesse de cette épreuve. Les jours qui allaient suivre seraient particulièrement éprouvent, aussi bien pour Absynthe que pour lui-même. Il restait à son chevet. Il ne voulait pas manquer le moment où elle ouvrirait les yeux, bien qu’il le redoutait.


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