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 Une requête inattendue [PV Chris]

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Absynthe E. DiLaurentis
Au goût de l'Absynthe...
Au goût de l'Absynthe...
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✤ LETTRES A LA POSTE : 355
✤ ARRIVÉE A HEARTKILLER : 09/08/2013
✤ OU TU TE TROUVES ? : Aux Plaisirs Coupables
✤ EMPLOI/LOISIRS : Meneuse aux Plaisirs Coupables
✤ HUMEUR : Exigeante...

MessageSujet: Une requête inattendue [PV Chris]   Ven 1 Nov - 23:17




« Sortez d’ici immédiatement ! »

Sa voix avait claquée tel un fouet. Ses prunelles vertes fixaient les danseuses sur la scène d’un œil dur. Elle n’était pas contente. Mais alors pas du tout ! Avant qu’elles ne se rendent dans les coulisses pour se rhabiller, la meneuse des lieux intervint une dernière fois.

« Vous n’êtes que des incapables ! Vous allez me faire le plaisir de vous mettre au travail. » Puis elle tourna son regard vers la brune qui se tenait en avant des autres.

« Quant à toi, tu vas me faire le plaisir de bouger un peu plus que ça. Tu n’es même pas capable de mettre un pied devant l’autre. Si demain tu ne t’es pas améliorée, j’en réfèrerai à ton maître, est-ce clair ? » dit-elle implacable, la danseuse tremblante de peur.

Le ton était dur, ferme, sans  aucune possibilité de riposter quoi que ce soit. De toute façon, cette esclave n’avait tout simplement pas intérêt car elle risquait gros. De se faire renvoyer sans ménagement… Et c’est son maître qui lui ferait payer l’addition. D’un geste sec de la main, elle leur demanda de disparaître de son champ de vision. Qu’est-ce qu’elles pouvaient être agaçantes parfois.

Non, il ne fallait pas trop l’énerver en ce moment.  La succube était un peu à fleur de peau et elle avait failli passer ses nerfs sur une des danseuses. Absynthe –Aby pour les intimes- avait montré au moins trois fois à cette humaine comment faire l’enchaînement… Mais c’était une véritable incapable ! Habituellement, la meneuse du Plaisirs Coupables était du genre patient, mais là… Elle s’était retenue de l’étrangler. Au sens propre du terme ! Alors pour ne pas faire de mal à la marchandise, elle renvoya les filles chez leurs maîtres. Elle ne se pardonnerait pas d’abimer la source de leur revenue, mais Zéphyr encore moins. La succube était une créature de la nuit depuis assez longtemps pour se maîtriser lorsque la situation l’exigeait.

Est-elle toujours ainsi ? Rassurez-vous, elle savait faire preuve de patience et de douceur la plupart du temps. Cependant, ça ne l’empêchait absolument pas de se montrer parfois dure et ferme avec ses danseuses. Absynthe n’était pas la meneuse du PC simplement parce qu’elle était belle et distinguée. Ni simplement parce qu’elle était la succube de Zéphyr. Mais parce qu’elle était extrêmement douée dans son domaine –et que son créateur lui faisait entièrement confiance aussi-. Elle était exigeante, travailleuse, autoritaire, et perfectionniste. Si ça ne rentrait pas dans les clous, elle ne lâchait pas l’affaire. Tant que le numéro de du week-end prochain ne serait pas prêt, Aby les ferait travailler avec acharnement. Et si ça ne plaisait pas à ces « demoiselles », elle pouvait toujours aller se plaindre à leur maître. Toutefois, Aby restait une femme, certes autoritaire, mais toujours juste.

Agacée, Absynthe alla se servir un verre de AB+ au bar. C’était un sang rare, dont la bouteille se payait parfois une petite fortune. Qu’importe ! Elle en avait besoin. Les lieux étaient vides. Les danseuses n’étaient plus dans le club. Ce soir, pas de représentation. Retrouvant petit à petit le sang froid qui l’habitait habituellement, elle se resservit à nouveau un verre. Elle commençait à se détendre, passant sa main derrière sa nuque. Pas de clients, mais aussi pas de personnels ce soir. Enfin, presque ! Aby n’était pas tout à fait toute seule. Zéphyr, son créateur, se trouvait dans son bureau. Il n’avait sûrement pas du entendre la « soufflante » que sa succube avait passé aux danseuses, mais qu’importe. Même s’il avait été présent, il aurait été de l’avis de la jeune femme.

Elle reposa le verre sur le comptoir. Il y avait bien quelque chose qui pouvait la détendre totalement. Enfin…façon de parler. Disons que danser un peu lui permettrait de se couper de tout ce qui l’entourait, d’oublier ce qui lui prenait la tête. Bref, de faire le vide tout simplement, en se faisant plaisir. Paradoxalement, Absynthe ne dansait que très rarement en public. Elle se refusait à s’exhiber devant une salle de mâles en rut, juste pour leur bon plaisir. C’était elle seule qui décidait si oui ou non elle montrait sur scène. Même Zéphyr acceptait son choix et ne l’avait jamais jugé. C’est pourquoi ses shows étaient un véritable évènement. Lorsqu’il était annoncé que la succube donnait une représentation le soir-même, les Plaisirs Coupables étaient pris d’assaut, tel un raz de marée, la file d’attente s’allongeant à n’en plus finir, jusqu’à devoir refuser du monde. Sans l’avoir voulu, on l’avait surnommé l’Etoile Filante. Pourquoi ? D’après les échos relevés à droite et à gauche, elle avait entendu  dire que lorsqu’elle dansait, elle brillait telle une étoile. Et comme ses apparitions restaient exceptionnelles,… d’où le terme d’étoile filante. Quand elle passe dans le ciel, tu attends toujours son passage avec impatience parce que c'est rare, que tu en vois si peu dans ta vie d’humain. Et puis lorsqu'elle apparaît enfin, c'est court mais magique. C’est comme retenir ta respiration et lorsqu’elle disparaît à l’horizon, tu te dis qu'il te faudra attendre peut-être des années avant de pouvoir en contempler une autre. Mais le club n’a pas besoin d’elle pour faire venir des clients. Il marche très bien sans qu’elle apparaisse. Au fond, lesrares clients qui l'avaient vu à l'oeuvre n’avaient pas tort, même si Absynthe se serait bien passé d’un tel surnom.

Pour entraîner ses danseuses, Aby s’habillait selon son humeur. Elle pouvait venir aussi bien vêtue d’habits tout à fait convenables que de simples sous-vêtements qui ne cachaient pas grand-chose. Ce soir, elle portait un déshabillé de satin noir sous lequel se dissimulait une nuisette en dentelle noire. Non, Absynthe ne se promenait pas comme ça tout le temps, encore heureux. Mais il n’y avait personne, ne pouvait-elle donc pas déambuler dans les lieux comme elle le désirait ? Après tout, n’était-ce pas chez elle ? Et puis la succube n’avait rien à cacher. Elle assumait pleinement son statut.

Perchée sur ses talons d’une bonne douzaine de centimètres, elle se dirigea vers le matériel audio derrière la scène, cherchant quelques secondes le bon morceau. Puis la musique s’éleva doucement dans la salle. Musique douce, ambiance feutrée, lumières tamisées, absence de yeux amplis de convoitise, Aby était dans les meilleures dispositions pour se détendre pleinement et se retrouver enfin avec elle-même. Doucement, lentement, d’un glissement félin, elle commença à avancer jusqu’au milieu de la scène, sans se presser.  Ses pieds faisant des petits pas, ses doigts jouant avec la ceinture en satin de son déshabillé noir. Il ne lui avait fallu qu’un millième de seconde pour se glisser dans la peau de « L’Etoile Filante ». Elle n’était pas Absynthe, la succube. Elle était le vent qui soufflait dans les arbres, tournoyant comme un feu follet, enchaînant les mouvements rapides, puis plus lents, ne se fiant qu’à son ressenti, à son envie. Elle se mit à tournoyer doucement, s’effeuillant de manière si subtile que son déshabillé se retrouva à ses pieds, la laissant dans sa nuisette en dentelle noire. Elle se posa sur la chaise qui trônait sur le devant de la scène, genoux fermés, laissant sa main gauche remonter du bout des doigts le long de sa jambe, puis de sa cuisse, de plus en plus lentement, amoureusement, comme pour attiser le désir des spectateurs qui n’étaient pourtant pas présent. Sa main droite, quant à elle, avait enlevé les épingles qui retenaient son chignon, laissant se disperser sur ses épaules et dans son dos son épaisse chevelure brune. Sa main poursuivit son excursion, doucement, caressant son cou… Puis sa gorge,… Avant de partir effleurer sa poitrine, pour descendre vers son ventre, encore plus bas… Puis d’un coup de rein, elle se releva, se mettant à onduler langoureusement, d’abord des hanches au début, puis c’est tout son corps qui se mit en mouvement, suivant les ondulations de la musique, tel une rivière suivant son cours d’eau … La musique était sur le point de se terminer, et pour achever sa danse, elle se  se mit à tournoyer de plus en plus lentement, jusqu’à s’arrêter sur la dernière note, assise en équilibre sur le dossier de la chaise, les jambes croisées, les pieds dans le vide, la tête légèrement rejetée en arrière, les mains crispées sur le haut de ses cuisses.

Les shows d’Absynthe n’étaient jamais vulgaires. Etre sensuelle, charnelle, d'accord, mais jamais elle n’était vulgaire. Elle charmait, elle séduisait… Elle pouvait même, si elle le voulait,rendre fou de désir ou même faire tomber amoureux l’homme qu’elle convoitait. Par ses gestes, ses déplacements, ses déhanchements, elle devait ainsi faire naître le désir, et elle y arrivait parfaitement. Lors de son « évasion », car c’est comme ça qu’elle considérait la danse, elle avait coupé tous ses sens avec l’extérieur pour ne les garder que pour elle, durant sa représentation privée. C’était bien mieux pour danser et se libérer d’ailleurs. Sauf que la jeune femme venait enfin de se rendre compte de quelque chose… Elle n’était pas tout à fait seule.

Reprenant ses esprits aussitôt, elle se redressa, portant son regard vers la présence qu’elle sentait dans l’ombre. Elle distinguait une silhouette, mais la salle était bien trop sombre pour qu’elle arrive à distinguer de qui il s’agissait. Pas quelqu’un qu’elle connaissait. Du moins, pas quelqu’un de proche. Car il aurait s’agit de Zéphyr ou de Lucius, elle l’aurait reconnu entre mille, rien que par sa silhouette et sa corpulence.


« L’établissement est fermé ce soir. Revenez demain ! »

Mais l’inconnu ne bougeait pas. Agacée qu’on est pu la surprendre alors qu’elle prenait enfin du temps pour elle, Absynthe ramassa son déshabillé, puis descendit de la scène d’un bond. Son visiteur n’était pas humain car elle ne percevait aucun battement de cœur. Heureusement d’ailleurs, car ce malheureux aurait sûrement fini dans la réserve pour ne serait-ce qu’avoir posé les yeux sur elle sans y avoir été invité.

Elle se dirigea droit vers l’intrus, ses talons claquant sur le parquet en chêne, ne faisait pas attention au fait qu’elle était toujours en nuisette. De toute façon, ça n’aurait rien changé. Elle n’avait pas honte de sa plastique. Par contre, si son visiteur s’avérait être un Bridgestone, elle ne manquerait pas de remettre son déshabillé juste par respect et par protection. Elle se méfiait toujours un peu d’eux. Excepté Lorcan qu’elle considérait comme le père de Zéphyr, son créateur et maître.

Silencieuse depuis qu’elle avait senti sa présence, elle n’avait pas décroché un mot depuis. Lui non plus d’ailleurs. Elle s’arrêta quand même à bonne distance. Après tout, elle ne savait pas à qui elle avait affaire. Son visage lui était toujours dissimulé dans l’ombre. Ainsi, elle ne pouvait pas savoir qu’il s’agissait de Chris, un incube qu’elle avait déjà croisé à quelques reprises dans la Cité d’HeartKiller.


« Qui êtes-vous ? Approchez ! » dit-elle d’une voix ferme, limite agacée qu’on ait osé pénétrer aux Plaisirs Coupables et qu’on l’ait interrompu elle. Elle était ici chez elle, l'établissement était fermé... Elle était entièrement dans son droit. Peu importe le visiteur.

Encore plus agacée d’ailleurs d’avoir été observé à son insu alors qu’elle ne montait sur scène peut-être qu’une ou deux fois par an. Zéphyr avait eu la chance de la voir danser. Lucius aussi. Et quelques hauts placés trié sur le volet. Mais certainement pas un étranger. Elle le sentit hésiter, mais ne lui laissa pas le temps de prendre sa décision. Il avait été trop long à son goût. Il faut dire qu'elle n'avait pas été très patiente pour le coup. Tant pis, elle lui avait laissé sa chance. Elle claqua deux fois des mains et la lumière tamisée disparut au profit d’un peu plus de luminosité. Elle fronça les sourcils lorsqu’elle reconnut l’individu.


« Chris ? » fit-elle un peu étonnée de le voir là. « Qu’est-ce que tu fais ici ? C’est fermé ce soir ! » Dit-elle en haussant un sourcil,répétant au passage qu'il n'avait pas à être là.

✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤


You’ll know when it starts you’ll feel it
You’ll stay awake at night thinking about me
Wondering if I am thinking of you.
You’ll think about the way my body moves my skin, my touch,
You’ll never sleep again
You’ll follow my scent
You’ll become mine
I will tattoo your heart

✤ ✤ ✤ ✤ ✤
I hope you don't mind, I hope you don't mind
That I put down in words
How wonderful life is while you're in the world



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Christopher R. Eddison
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MessageSujet: Re: Une requête inattendue [PV Chris]   Dim 3 Nov - 21:50

Une requête inattendue
Absynthe ∞ Christopher


Il s’arrêta devant le bâtiment, terriblement indécis.

La façade pierre calcaire, sobre, presque trop simple, n’avait rien d’extraordinaire. Et pourtant, derrière ces murs, se trouvait bien plus qu’il n’y paraissait au prime abord. Christopher n’était jamais entré et ne pensait pas le faire un jour. Il ne fréquentait pas ce genre d’endroits, même si la réputation de l’établissement n’était plus à faire. Si même lui en avait entendu parler en bons termes, c’était que l’endroit offrait des services de qualité.
Alors que faisait-il là, planté bêtement devant Les Plaisirs Coupables ?

La raison de sa présence aurait paru logique et simple à tous. Mais pour lui, elle ne l’était pas. Il se détestait d’être aussi hésitant. Il voulait juste voir si Absynthe était là et si elle accepterait de l’aider. Pour cela, rien de plus simple : il entrait, demandait à la voir s’il ne la croisait pas, lui exposait sa demande et repartait avec son refus ou son accord. Effectivement, lorsqu’il exposait ainsi la situation dans laquelle il se trouvait, cela lui paraissait faisable, sans le moindre problème.
Mais voilà, ce n’était pas simple. Pas simple du tout.
Parfois, il se haïssait de se poser tellement de questions. Il aurait aimé être sûr de lui et de ses décisions, cesser de remettre sa propre parole en doutes à chaque instant. Comme si pénétrer dans ce bâtiment allait le mettre en danger de mort ! Franchement, il avait juste envie de se donner une claque, de se motiver un bon coup et de foncer. Mais voilà, il hésitait. Et quand il commençait à hésiter, il savait qu’il allait en avoir pour un bon moment… et finir par tourner les talons, encore une fois.

Oui, il était déjà venu ici, pour les mêmes raisons d’ailleurs. Une fois. Et lorsqu’il avait vu tout ce monde, il avait filé dans la direction opposée, toutes ses bonnes résolutions envolées. Trop de gens, de vampires surtout. Peut-être même, au milieu de ces inconnus, un visage familier qu’il aurait désiré de jamais pouvoir reconnaître. Il vivait dans une peur latente et constante de croiser l’un de ses anciens maîtres. Il pouvait se persuader autant qu’il le pouvait qu’à présent, ils ne pourraient rien lui faire et qu’il ne leur appartenait plus, c’était en quelques sortes plus fort que lui…
Mais il n’y avait personne dans la rue, actuellement. Il pouvait percevoir quelques vies humaines, d’autres vampires un peu éloignés, mais l’allée pavée était déserte, pour le moment.
Alors pourquoi hésitait-il encore ?

L’embarras. La honte. La timidité. Il n’osait pas entrer parce qu’il avait tout simplement peur qu’on le vire et il avait honte d’aller ainsi quémander de l’aide à une personne qu’il connaissait à peine. Déjà qu’il n’osait pas, à l’époque, en demander à Lucius… Et pourtant, Dieu sait que les deux incubes se connaissaient, pour ainsi dire, plus que bien !
Au fond, que connaissait-il d’Absynthe ? Il l’avait côtoyée quelques fois, elle ne savait certainement que son prénom… Il la connaissait un peu mieux à travers les mots de Lucius, parce que son ancien amant l’avait mentionnée plusieurs fois, lui portait une très grande affection et semblait la respecter énormément. Alors que faisait-il ici, prêt à lui demander de l’aider ? C’était assez déplacé, quand il réfléchissait bien.

Mais… Elle lui apparaissait comme la seule qui serait capable de lui apporter l’aide dont il avait besoin. Après tout, n’avait-elle pas formé Lucius à être l’extraordinaire incube qu’il était actuellement ? Quand il voyait les talents de l’autre incube et pour en avoir également fait les frais, il ne pouvait que constater qu’elle était un professeur hors pair. Et puis elle était la seule succube qu’il connaissait…
Il ne pouvait décemment pas rester ainsi. Ses capacités en matière de séduction avoisinaient zéro, pour ne pas dire qu’elles allaient dans le négatif. Comme quoi, même si sa dernière maitresse l’avait transformé car elle le trouvait beau, cela ne faisait pas tout… Bien sûr, Aaron n’avait pas encore exigé de lui qu’il lui ramène un humain… Mais qui pouvait établir la certitude que cela n’arriverait jamais ? Personne. N’était-ce pas justement sur sa capacité à séduire qu’un incube était jugé ? Il craignait toujours, au fond de lui, que le vampire ne finisse par le vendre à cause de son incompétence. Il ne voulait pas y songer. Au-delà du fait qu’il s’était attaché à son maître, même s’il avait du mal à le reconnaître, il ne voulait pas risquer de tomber entre les mains d’un autre sadique ou même de Marcus. C’était inconcevable.

Alors il devait apprendre à devenir un véritable incube. Une créature capable de séduire hommes et femmes, de les attirer, de les charmer suffisamment pour qu’ils acceptent de le suivre… Et autant dire que ce n’était vraiment pas gagné d’avance. C’était la deuxième raison pour laquelle il hésitait. Il savait bien qu’il était un cas désespéré, même Lucius le lui avait confié… Bien sûr, l’Italien se moquait gentiment de lui et au fond, il était bien content que Christopher n’ait à charmer personne et qu’il n’ait d’yeux que pour lui mais en attendant, il était totalement démuni à présent.  Et ça ne lui plaisait pas du tout. Néanmoins, il avait peur qu’en constatant l’ampleur de la tâche, Absynthe ne lui laisse pas une chance de faire ses preuves. Il ne pouvait pas lui en vouloir. Déjà, si elle considérait sa demande…

Après quelques semaines de réflexion, il avait fini par envisager la possibilité de se faire aider. De tout façon, il n’allait pas devenir un séducteur par lui-même, il était bien trop effacé et timide pour cela. Au moins, il avait conscience de ses défauts… Vraiment, quelle idée avait eu cette vampiresse en le transformant ! Lucius devait bien lui ramener assez d’esclaves pour la contenter non ?

Il soupira. Réfléchir à tout cela n’allait pas le faire avancer, et encore moins entrer. Il n’avait qu’une question à se poser : Osait-il enfin passer le pas de la porte ou bien restait-il ici, à se morfondre dans sa piteuse incompétence ?
Au fond, que risquait-il ? Pas grand-chose… Si elle refusait, eh bien tant pis, il aurait tenté le coup et eu assez honte pour ne pas oser la recroiser dans les prochaines décennies. Mais si elle acceptait… Si elle lui donnait sa chance, un peu d’espoir d’être, un jour, autre chose qu’un incube incapable…
Cela valait le coup d’essayer non ?

Pour le coup, il avait réussi à se motiver suffisamment pour parvenir jusqu’à la porte d’entrée du bâtiment. Il fronça un peu les sourcils en constatant que c’était ouvert, mais il ne se laissa pas démonter. Profitant du courage relatif qu’il avait réussi à se donner, il franchit le pas de la porte et la referma discrètement derrière lui. Il n’y avait quasiment aucun bruit à l’intérieur. Il se retrouva dans un couloir assez sombre et s’avança prudemment, à l’affut. Il lui semblait percevoir le grattement d’un stylo sur le papier, au loin, et la présence diffuse de plusieurs vampires. Les odeurs d’humains et de créatures de la nuit se mélangeaient, mais elles étaient relativement diffuses.
Bon, aucun humain à l’horizon et pas de clients.
Au moins, ils seraient tranquilles pour discuter…

Soudainement gagné par la timidité, il passa devant une porte close sans oser y frapper et passa la tête à travers une ouverture au fond du couloir, prudent. Apparemment, c’était ici que se trouvait la salle principale. Sur sa gauche se tenait la scène, plongée dans la pénombre, silencieuse et éternelle. Dispersées un peu partout, de petites tables se trouvaient dans la salle. Plus loin, il apercevait le bar. Les bouteilles d’alcool et de sang parsemaient le mur et sur le comptoir en bois laqué trônait un verre. Du sang. Rien qu’à l’arôme particulier, il pouvait identifier le groupe sanguin. AB positif, un sang bien rare…
Peut-être allait-il la trouver ici ?
Le parquet craqua légèrement sous ses pieds, brisant le silence presque religieux qui régnait. Il se figea, avec l’étrange impression d’avoir anéanti quelque chose d’infiniment précieux, d’être une créature indésirable en ce lieu calme, presque mystérieux. Puis soudainement, il perçut des mouvements, des pas. Des talons claquaient sur le sol.

Les lumières s’éteignirent, le surprenant. Intrigué, il dirigea son regard vers la scène, d’où il lui semblait percevoir les bruits. Et la musique raisonna, langoureuse, presque semblable au toucher du velours. Doux, chaud, presque sensuel. Caressant. L’ambiance feutrée du lieu, presque intimiste, le pénétra doucement. Il s’en empreignait, à la fois curieux de ce qui allait se passer et terriblement conscient qu’il n’avait rien à faire là. Mais l’atmosphère si particulière qui se dégageait de la scène, ce climat d’attente, de surprise sous-jacente, le retenait. Incapable de bouger, de partir, il n’avait aucune envie de perturber ce qui se jouait là. Alors il attendait…

Et tout à coup, elle apparut, enchanteresse, magnifique. Absynthe. Sa haute silhouette se découpait dans la lumière tamisée, presque mystique. Comme s’il savait qu’elle allait venir, l’attendait, sans pour autant en être sûr… Une apparition soudaine, qui s’avançait lentement vers le milieu de la scène, imposant sa présence avec douceur. Elle devenait de plus en plus réelle au fur et à mesure qu’elle marchait, ses talons frappant avec un rythme lent sur le revêtement de la scène, produisant un son presqu’étouffé. Féline, langoureuse dans l’attente qu’elle créait, elle semblait intouchable, comme venant d’un autre monde. Ses mouvements, empreints d’une lenteur lascive, semblaient aussi légers qu’une plume. Elle tournoyait doucement, son déshabillé glissant subtilement sur son corps, comme si elle se découvrait, s’ouvrant telle une fleur à son regard captivé. L’habit s’échoua au sol dans un bruissement soyeux, offrant aux regards le corps légèrement vêtu de dentelle de la succube.

Il y avait quelque chose d’infiniment fascinant dans sa façon de se mouvoir… Elle captait l’attention, l’accaparait même. Elle captivait.

Elle s’assit sur la chaise qui se trouvait au milieu de la scène avec la délicatesse d’un chat. Sa main remonta le long de sa longue jambe, dans un effleurement qui s’accordait avec l’impression de langueur que donnait la musique. Son autre main se perdit dans ses cheveux d’encre noire, les libérant d’un seul coup. Ils virent effleurer ses épaules, cascadant autour de son visage marqué par une douce expression, qu’il n’aurait su définir. Et ses doigts continuaient leur excursion, sensuels… Il se sentit gêné soudainement, prenant conscience qu’il l’observait à son insu et qu’elle n’aurait certainement pas exécuté des gestes aussi poussés en sa présence… Il voulut détourner le regard mais elle se releva soudainement, avec la grâce d’un félin et son corps se mit à onduler au fil de la musique, langoureusement.
Le spectacle n’avait rien de vulgaire. Elle semblait juste trouver sa place sur cette scène vide, comme possédée par la mélodie. Elle dégageait tant de sensualité… Voluptueuse, lascive, presque érotique, elle ondoyait…

Christopher n’avait jamais vu quelqu’un danser de la sorte. Il se souvenait sans peine des danses un peu triviales des jeunes adultes en boites de nuit. Enfin, s’il pouvait nommer cela de la danse. Il se rappelait encore mieux les ballets classiques qu’il avait eu l’occasion de voir. Sa mère répétait souvent que si elle n’était pas devenue peintre, elle se serait consacrée à la danse classique. Il avait l’habitude d’économiser un peu pour pouvoir lui offrir une place afin d’aller voir un ballet, pour son anniversaire. Il l’accompagnait toujours de bon cœur car il trouvait le spectacle magnifique. La danse classique avait un aspect technique impressionnant mais dégageait également des émotions si touchantes… Un mélange de puissance et de sensibilité qui ne l’avait jamais laissé indifférent.

Mais la façon dont la succube dansait… C’était tellement différent. Elle captivait, fascinait. Intouchable, les mouvements guidés par la musique, elle semblait presque immatérielle tant elle apparaissait irréelle. Et pourtant, dans toute la salle, sa présence se ressentait, prenante.

Et soudainement, elle se remit à tournoyer sur elle-même avec lenteur, finissant assise en équilibre sur le dossier de la chaise, la tête rejetée en arrière, comme figée alors que la dernière note de musique s’évanouissait dans le silence.

Christopher eut du mal à se reconnecter avec la réalité. Il la vit vaguement bouger, entendit sa voix comme à travers un filtre. Il était gagné par un étrange sentiment, qu’il n’aurait su définir. Un peu comme s’il avait vécu, lui aussi, au rythme des mouvements d’Absynthe durant le court laps de temps qu’avait duré sa danse, et qu’à présent, il avait du mal à réaliser que c’était fini et qu’il allait devoir reprendre sa vie, comme avant. C’était une émotion assez dérangeante…

Il y eut deux claquements et la lumière devint presque aveuglante, le forçant à renouer avec l’instant présent. Il jeta un regard surpris à la succube, alors qu’elle manifestait également sa surprise de le trouver là. Etait-ce un peu d’agacement qu’il percevait dans ses paroles ?
Aussitôt, il se sentit de trop. Il n’avait vraiment rien à faire là. Ce n’était pas sa place, il ne s’y sentait pas à l’aise. Et son embarras augmenta encore plus quand il se rendit vraiment compte de ce qu’il avait fait. L’observer à son insu, franchement ! Pénétrer dans le bâtiment alors que tout semblait éteint, il aurait dû se douter que c’était fermé.

Mais il ne parvenait pas à regretter de l’avoir vue danser. C’était vraiment une expérience particulière. A présent, il n’avait plus aucun doute sur le fait qu’elle était la meilleure dans l’art de la séduction. Quelque part, savoir qu’il allait peut-être être aidé par une personne si douée et sûre d’elle était rassurant… mais aussi extrêmement intimidant.

Esquissant un sourire gêné, il murmura, presque comme s’il ne voulait pas briser le silence relatif dans la salle, dernier vestige de la prestation de la succube.

« Je suis désolé, j’ai-je ne suis pas venu pour cela, à vrai dire… »

Il se sentit encore plus gêné. Elle était vraiment intimidante. Belle mais impressionnante. Il détourna légèrement le regard en constatant qu’elle n’avait pas remis son déshabillé… Pouvait-il y avoir pire situation pour lui, qui était d’une nature si pudique ? Il fallait qu’il parte, il l’avait déjà assez ennuyée pour l’instant…

« Mais ce n’est pas important, excuse-moi de t’avoir dérangée, je ne voulais pas t’interrompre ou t’observer à ton insu, vraiment. Je vais y aller, je… »

Il soupira, dépité, le regard presque implorant. Vraiment, il se désespérait. Il s’embrouillait et se sentait encore plus ridicule à présent. Avait-il perdu son premier objectif de vue ? Il avait juste à lui demander et ensuite… Ensuite, il pourrait s’éclipser parce qu’elle n’allait certainement pas accepter de l’aider après l’indiscrétion dont il avait fait preuve.

Il baissa le regard, essayant de se redonner du courage, ses doigts jouant entre eux sous le coup du stress. Allez, juste quelques minutes de plus…
Il releva timidement son regard vers elle, évitant de la poser sur son corps pour ne pas paraître impoli.

« Je voulais te demander… commença-t-il avant de se reprendre avec un regain de confiance soudain. Accepterais-tu de m’apprendre à devenir un véritable incube ou peut-être de me donner quelques conseils en matière de séduction ? »

Il relâcha sa respiration, presque surpris d’avoir réussi à formuler sa demande. C’était si gênant… Il avait vraiment honte de venir ainsi et d’oser quémander son aide… Elle qui semblait maitriser son art à la perfection, pourquoi s’encombrerait-elle d’un débutant tel que lui ? Franchement, à quoi pensait-il ? Elle devait avoir une bien piètre opinion de lui à présent…

Il finit par bredouiller quelques excuses d’une voix à peine audible, terriblement embarrassé. Mais il attendit quand même sa réponse. Il voulait aller jusqu’au bout, même s’il sentait le refus venir. Au moins, il aurait tenté sa chance, même s’il se sentait à présent encore plus ridicule…
Code by Silver Lungs


Spoiler:
 

✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤


And the chase begins . . .
"Dear little humans. You know, vampires can't be trusted. Do you know what's hiding behind these crimson lips ? Fangs. And vampires use them to suck the life out of your fragile body..."


Dernière édition par Christopher R. Eddison le Lun 4 Nov - 21:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une requête inattendue [PV Chris]   Lun 4 Nov - 20:40




Lorsqu’elle avait tapé dans ses mains pour qu’il y ait un peu plus de clarté dans la salle, elle avait tout de suite noté qu’il était totalement déconnecté de la réalité. Si elle avait pu avoir un doute au départ, il ne pouvait subsister à présent. L’incube avait vu sa petite représentation privée et elle s’en trouvait agacée. Même si l’expression qu’il avait était flatteuse pour elle, Aby avait la désagréable impression  qu’elle ne pouvait jamais être seule et se détendre sans qu’il y ait un spectateur dans les environs. Elle ne prenait pas souvent de temps pour elle. Entre le club, les représentations à superviser, les danseuses à entraîner et à surveiller, les tenues à choisir pour celles qui monteraient sur scène, les obligations envers Zéphyr… Alors d’être dérangée, ça la contrariait et l’irritait à la fois.

Non mais sérieusement, il le faisait exprès ou quoi ? Pourquoi ne répondait-il pas à sa question ? Etait-il à ce point demeuré ? C’était peut-être ça… Pourtant, elle l’avait croisé à plusieurs reprises et ce n’est pas l’impression qu’il lui avait donné. Quoi que… elle ne lui avait jamais adressé la parole. Elle avait bien perçu qu’il était du genre réservé, mais comme elle ne le connaissait pas, elle n’y avait pas prêté attention. Pourquoi l’aurait-elle fait de toute façon ? Elle avait bien d’autres choses à s’occuper.

Néanmoins, Aby notait plusieurs choses chez son interlocuteur. Soit il n’avait jamais vu de femme en petite tenue, ce qui évidemment, n’était pas possible étant donné son statut d’incube –ou bien il avait une préférence pour les hommes-, soit il était désolé de s’être introduit dans les lieux sans y avoir été invité. Dans cette seconde option, il avait de quoi être gêné ! De lui émanait plusieurs « sensations » olfactives. Il était très mal à l’aise, comme si son seul souhait était de quitter les lieux le plus vite possible. Personnellement, elle ne le retenait pas. Quoi qu’elle aurait bien envie de lui remonter les bretelles. D’après les ouïes-dire, il n’était qu’un jeune incube après tout. Il devait le respect à ses aînés. Et respecter les règles de bases élémentaires comme ne pas commettre d’infraction. On n’entre pas chez les gens sans y avoir été invité.  

Elle le vit esquisser un petit sourire embarrassé.


« Je suis désolé, j’ai-je ne suis pas venu pour cela, à vrai dire… »

Ah bah enfin ! Il ouvrait la bouche ! A croire qu’il n’avait plus de langue…ou bien qu’il était dérangé. Elle trouvait bizarre quand même qu’un incube se comporte comme ça. Tout ceux qu’elle connaissait étaient des hommes sûr d’eux, de leur beauté, de leurs capacités, fier, avec une éloquence redoutable. Ils n’avaient pas peur de croiser le regard d’une femme, encore moins de la détailler lorsque le contexte s’y prêtait… Pas comme ce jeune incube qui semble ne plus savoir où se mettre. Il n’est pas venu pour cela… C’était ses propres termes, et elle ne comprenait pas très bien ce qu’il avait voulu dire par-là. Qu’il n’était pas venu pour un show privé ? Elle l’espérait bien. Elle ne se produisait pas devant n’importe qui. Mais s’il ne venait pas pour voir danser des créatures de rêves –qu’elles soient humaines ou pas-,  que faisait-il ici ?

Les bras croisés, elle le fixait d’un œil critique, franc, sans le lâcher une seule seconde du regard. Elle ne lui facilitait pas la tâche, elle le savait, mais il n’avait pas de circonstances atténuantes. Il ne lui avait rien dit qui prouvait que sa présence en ces lieux était justifiée. Elle ne disait rien, se contentant de l’observer attentivement. Chaque petite mimique était analysée, chaque regard –souvent fuyant d’ailleurs- était décortiqué, chaque mot prononcé était disséqué. Même ses silences étaient sondés. Absynthe était une femme très observatrice. Et au vu de ce qu’elle constatait, il avait beau être un bel homme, il n’avait rien d’attirant. L’enveloppe ne faisait pas tout. Chris était une coquille vide. Son jugement était peut-être un peu violent, mais au moins elle était franche avec elle-même.

Ce qui était certain, c’était qu’il ne s’exprimait pas avec une grande aisance. Elle fronça légèrement les sourcils lorsqu’il s’excusa de nouveau, indiquant par la suite qu’il comptait partir. Alors c’est tout ? C’est comme ça ? Monsieur entre, vient l’ennuyer –pour rester poli- et se rincer l’œil par la même occasion et puis il s’en va, penaud, la queue entre les jambes ? Sa langue claqua contre son palais, irrité par un tel comportement. Les jeunes, il fallait tout leur inculquer ! Le temps semblait s’éterniser. Un comble pour une immortelle ! Mais il n’aidait pas vraiment à faire passer le temps non plus…

Et c’est quoi ce regard implorant ? S’il comptait prendre la succube par les « sentiments », il allait être servi. Elle ne mangeait pas de ce pain-là. Et certainement pas avec un…un inconnu. Parce que c’est ce qu’il est au fond. Ce n’est pas parce qu’on croise de temps en temps quelqu’un qu’on le connaît, n’est-ce pas ? Il avait vraiment l’air désespéré. C’était tout de même étonnant. Les humains dans la réserve étaient désespérés. Normal, ils savent qu’ils ne vivront pas très longtemps. Mais pas un incube ! Avait-il un problème ? Avec son maître ou sa maîtresse ? Dans ce cas-là, ce n’était pas son problème. Pas besoin de venir se réfugier ici. Ce n’était pas une terre d’asile. Absynthe n’était qu’une succube. Elle n’avait pas le pouvoir de protéger l’incube de quelqu’un d’autre. Avec plus de 550 ans au compteur, Aby aurait dû s’affranchir de son créateur depuis plus de 200 ans, mais elle ne l’avait pas fait. Elle aurait pu être pleinement vampire et être libre, mais elle n’en avait pas ressenti le besoin. Elle était bien auprès de Zéphyr et ne se sentait pas enchaînée. Alors elle continuait ainsi, jusqu’au jour où quelque chose ou bien quelqu’un lui donnera envie de s’affranchir.

Elle n’aurait su dire ce qui l’agaçait le plus chez lui. Qu’il soit aussi peu audacieux ou aussi peu loquace ? Les deux sûrement. Et puis cette façon d’éviter son regard, d’être aussi timide… Mais qui avait bien pu en faire un incube ? C’était hallucinant de constater à quel point il pouvait être empoté ! Elle appréciait qu’on la regarde droit dans les yeux, sans équivoque, avec franchise. Et il faisait tout le contraire. Par contre, elle appréciait qu’il n’en profite pas pour la reluquer, malgré sa tenue peu couvrante. Elle l’aurait remis à sa place sans passer par quatre chemins. Il y avait un minimum de savoir-vivre à avoir. Mais peut-être que c’était dû à sa timidité totalement décalée pour un homme de son statut. Elle sentait qu’il rassemblait son courage pour lui parler… Pour s’adresser à elle. Qu’il se dépêche, elle n’avait pas toute la nuit ! Il pensait peut-être qu’elle n’avait que ça à faire ? Heureusement, ses longues années de vie lui avaient apportées pas mal d’expérience et donc de patience. Absynthe restait stoïque en apparence, même si on percevait une pointe d’agacement tout à fait légitime. Elle poussa un soupir, signe que malgré tout, sa patience avait des limites. Qu’il ferait mieux de ne pas abuser de ton temps, sinon, elle allait le foutre vite fait dehors, avec pertes et fracas.

Quand enfin, la raison de sa visite fut évoquée. La succube le regarda limite incrédule. Avait-elle bien entendu ? Qu’est-ce que c’était que cette histoire ? Comment ça le former ? Bon, Aby avait déjà formé quelques incubes et succubes par le passé, mais ça faisait déjà une petite décennie qu’elle ne s’était pas employée à la tâche. Pourquoi ? Simplement parce qu’elle n’en avait pas envie. La jeune femme décidait si oui ou non elle formait un de ses pairs, et qui elle formait. C’était tout aussi simple. Absynthe posa l’une de ses mains sur ses hanches, l’observant avec intensité. Il avait poussé un tel soupir de soulagement qu’il avait sûrement dû retenir sa respiration depuis  le début… Et pourtant les personnes de leur condition n’avaient plus besoin de respirer. Ce garçon était bien étrange. Lorsqu’il repartit dans ses excuses totalement embrouillées, l’air terriblement embarrassé, elle leva la main pour le faire taire.


« Stop, arrête avec tes excuses, c’est particulièrement agaçant à la longue. » dit-elle d’un ton sec, mais tout en restant calme et modérée.

Il s’arrêta aussitôt, ce qui faisait un bien fou. Elle préférait nettement le silence plutôt que ses murmures inaudibles et crispants. Il devait vraiment apprendre à arrêter de s’excuser à tout bout de champ. Une fois, voire deux fois ça passe, mais après on arrête les frais, sinon on passe pour une serpillière, sans aucun amour propre, ni aucune personnalité. Et ça fonctionne pour n’importe qui, que ce soit chez une femme ou un homme, c’est rédhibitoire. Surtout pour Aby qui aime les hommes avec du charisme, de la personnalité, et sûr d’eux. Les gamins intimidés pour un oui ou pour un non n’attirent personne. Encore moins les proies qu’ils doivent ramener à leur maître respectif. Et ça, ce n’est pas bon du tout.


« Alors comme ça tu es un incube qui ne sait pas séduire ? Et tu aurais besoin de conseils ? Avoue que c’est peu commun. » Dit-elle un brin suggestif et étonnée à la fois, en faisant un petit geste de la main, comme si ce qu’elle venait de dire n’avait pas de sens. « Dis-moi, depuis combien de temps es-tu un incube ? » demanda-t-elle par simple curiosité.

Oh, elle savait qu’il n’était pas bien vieux. Pas plus de dix ans, ça c’était certain. Ça n’empêche qu’il devrait connaître un minimum les bases, non ? Elle marqua un temps d’arrêt. Elle n’était pas méchante avec lui. Etre méchante, ce n’était pas ça quand on connaissait la jeune femme. Aby pouvait être véritablement cruelle, ce qui n’était pas le cas ici. Elle trouvait la situation un peu irréelle. Pourtant elle l’avait déjà fait auparavant. Néanmoins, du peu de ce qu’elle avait pu voir de Chris, il semblait très loin d’être un incube. A croire que son maître s’était trompé sur la marchandise. C’est ça qui est totalement inconscient avec certains maîtres. C’est qu’ils transforment une personne parce qu’elle est belle mais ils ne s’enquièrent même pas de savoir si elle est en capacité de séduire. Ils n’ont qu’à les former eux-mêmes !!! Elle-même avait été formée par Zéphyr, son créateur. C’est grâce à lui qu’elle avait gagné en assurance, qu’elle avait appris à séduire, à se rendre compte de son potentiel et de l’exploiter à bon escient. Il ne l’avait pas lâché dans la nature comme ça. Quand on transforme quelqu’un, on en prend l’entièrement responsabilité, avec ses conséquences par la même occasion. Et maintenant elle devait se taper la formation de jeunes incapables.


« Pourrais-je savoir ce qui te permet de venir ici pour me faire une telle requête ? » s’enquit-elle en recroisant les bras sur sa poitrine.

Le ton de sa voix était mesurée, mais avec une pointe de défi. Oui, Aby le mettait au défi de lui répondre, avec honnêteté et franchise. S’il n’en était pas capable, il pourrait lui dire au revoir
.

« Pourquoi t’adresser à moi ? Et par la même occasion, quel est le maître qui t’envoie ? » Demanda-t-elle un brin suspicieuse, sans s’imaginer une seule seconde que ce n’était pas un maître qui l’envoyait, mais qu’il venait de sa propre initiative.

Il est vrai qu’on ne venait pas la voir tous les matins pour ça. Du moins, avant toute chose, le maître de l’incube ou de la succube demandait d’abord l’autorisation au maître d’Absynthe avant de lui demander directement à elle. On ne venait pas la voir comme ça directement elle. La jeune femme attendait de pied ferme une réponse constructive, convaincante et certainement pas balbutiante, comme elle y avait eu droit il y a quelques secondes. En tout cas, s’il était l’incube de César, il pouvait repartir directement de là où il venait. Elle ne lèverait pas le petit doigt pour le serviteur d’un ennemi. Leur échange pouvait s’assimiler à un véritable interrogatoire, mais Absynthe se considérait dans son droit. Après tout, il lui faisait une requête inattendue.


✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤


You’ll know when it starts you’ll feel it
You’ll stay awake at night thinking about me
Wondering if I am thinking of you.
You’ll think about the way my body moves my skin, my touch,
You’ll never sleep again
You’ll follow my scent
You’ll become mine
I will tattoo your heart

✤ ✤ ✤ ✤ ✤
I hope you don't mind, I hope you don't mind
That I put down in words
How wonderful life is while you're in the world



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Christopher R. Eddison
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MessageSujet: Re: Une requête inattendue [PV Chris]   Dim 17 Nov - 17:52

Une requête inattendue
Absynthe ∞ Christopher


Il ne savait littéralement plus où se mettre. Il bégayait, s’emmêlait les pinceaux, terriblement gêné.
En réalité, dire qu’il était embarrassé était un euphémisme. Et il voyait bien dans le regard d’Absynthe qu’il l’agaçait. Cela le mettait encore plus mal à l’aise, si c’était possible. Il pouvait sentir son regard franc posé sur sa personne, scrutant le moindre de ses faits et gestes, analysant chacun de ses mots. C’était encore plus déstabilisant.

Elle l’intimidait. Il osait à peine poser ses yeux sur elle, de peur de lui faire croire qu’il la reluquait –ce qu’il n’avait pas du tout l’intention de faire- mais aussi parce qu’il n’osait l’affronter directement. D’ailleurs, elle fronça les sourcils lorsqu’il s’excusa à nouveau, manifestant son mécontentement de façon encore plus explicite. Il ne savait plus quoi faire. Partir ? Rester et s’expliquer ? Au fond, il savait quand dans chaque cas de figure, sa réaction n’allait pas être accueillie avec joie et que quoiqu’il arrive, il n’était vraiment pas le bienvenue ici.

Non mais franchement, qu’est-ce qu’il lui avait pris ? S’introduire comme ça dans un bâtiment fermé, tel un voleur et l’observer à son insu. Il aurait dû partir, il le savait et à présent, il regrettait vraiment son geste. Et il comprenait tout à fait la colère sous-jacente de la succcube : il la trouvait totalement justifiée. Mais cela ne lui facilitait vraiment pas la tâche. Elle soupira, lui signifiant clairement qu’elle attendait qu’il se décide enfin à parler. Voilà qu’il l’ennuyait à présent…

Mais il finit par avoir le courage nécessaire pour formuler sa demande, plus ou moins correctement. Bon sang, qu’il se sentait ridicule! A côté de cette femme belle et sûre d’elle, il avait vraiment l’air d’un chiot malheureux, incapable de s’affirmer un peu. Que devait-elle penser de lui ? Qu’il venait là pour se rincer l’œil ? Ou encore juste pour l’embêter et lui faire perdre son temps ?

Sa demande était déjà assez inopportune à la base, mais dans le contexte dans lequel il se trouvait à présent, elle était carrément déplacée ! Il venait de la déranger, de l’interrompre et osait lui demander une aide qu’il ne méritait pas. D’ailleurs, il accusa de coup en voyant son air incrédule.

Si, en entrant, il avait encore une chance de la convaincre, cette chance semblait s’être totalement envolée…

Elle posa une main sur ses hanches, portant sur lui un regard encore plus intense alors qu’il recommençait à s’excuser. Mais elle leva une main autoritaire, le faisant taire d’un geste.

« Stop, arrête avec tes excuses, c’est particulièrement agaçant à la longue. »

Il se tendit au ton sec, coupable, et choisit le parti de se taire définitivement. Il avait l’air d’un condamné, il le savait. Et à présent, elle semblait encore plus indisposée par sa présence. Vraiment, il était doué pour énerver ses pairs…

Il releva le regard vers elle lorsqu’elle parla à nouveau, évitant consciencieusement de poser ses yeux sur son corps peu vêtu. Il fut un instant tenté de lui demander de se couvrir… Mais elle était ici chez elle. C’était lui l’intrus, l’indésirable. De quel droit se permettait-il de débarquer ici et d’exiger d’elle qu’elle se couvre un peu ? La situation était déjà intimidante mais il avait réussi à se mettre dans une posture encore pire.
Et lorsqu’elle mentionna le fait qu’il ne savait pas séduire, d’un ton presque intrigué, il pinça les lèvres en fronçant les sourcils. Effectivement, c’était peu commun, il en avait bien conscience et se le faire entendre dire rendait la chose encore plus gênante pour lui. Et il avait l’impression qu’en disant cela, elle se moquait un peu de lui. En même temps, il était ridicule : incapable de charmer un humain et obligé de demander de l’aide à l’une de ses congénères, qui semblait si douée, faite pour cela à vrai dire…
Il se contenta juste d’acquiescer à sa remarque, malgré lui un peu blessé par son ton. En soi, elle ne se montrait pas méchante avec lui, elle était même plutôt conciliante en ne le renvoyant pas directement d’où il venait. Mais son étonnement « tait un douloureux rappel à la réalité : il avait toujours eu l’intime conviction qu’il n’avait pas sa place en tant qu’incube et elle ne faisait que le confirmer. Après tout, il avait juste à se comparer à ses pairs ou même Lucius, qui en était un digne représentant : sûr de lui, séducteur, sensuel, il savait amadouer, charmer comme personne. Christopher était exactement le contraire : timide, pas assez courageux pour oser aborder quelqu’un et totalement ignorant des règles de l’art de la séduction.
Et la question qui suivit l’enfonça un peu plus dans sa médiocrité.

« Ça va bientôt faire 8 ans. » lui répondit-il en détournant à nouveau le regard, la mine un peu plus sombre.

Sa voix n’avait pas tremblé. Il ne sentait pas plus à l’aise pour autant mais il s’était fait une raison : il devait jouer cartes sur table à présent. Il n’était plus question de défiler. Si Absynthe ne l’avait renvoyé dehors, elle devait bien s’intéresser un minimum à son cas. Maintenant qu’il parvenait enfin à lui parler et qu’il avait parcouru tout ce chemin, il ne pouvait plus reculer. Il lui devait au moins ça. Il se devait au moins ça.
S’il partait sans avoir tenté de la convaincre, il savait qu’il n’aurait plus jamais le courage de demander de l’aide à qui que ce soit. De toute façon, qui accepterait de l’aider ? Elle était la seule qu’il connaissait et qu’il savait capable de le faire. Et parviendrait-il à se regarder à nouveau en face s’il n’avait pas tenté le tout pour le tout ? Serait-il capable de se complaire dans son incapacité ? Pourrait-il supporter la peur sous-jacente, qu’il sentait au creux de son ventre, à l’idée qu’Aaron le revende s’il se révélait totalement inutile ? Non.

Alors il s’exhorta au calme, serra un peu les poings pour se donner un minimum de courage et décida d’affronter le regard de la succube.

« Pourrais-je savoir ce qui te permet de venir ici pour me faire une telle requête ? »

Il se crispa, s’empêchant de se répandre à nouveau en excuse. Il encaissa juste, fermant les yeux un instant. La question de la succube était tout à fait légitime. Après, qu’est-ce qui lui permettait de venir ainsi, de se présenter à elle et de lui demander de l’aide, alors qu’ils ne connaissaient même pas ? Eh bien, rien du tout. Il savait sa requête déplacée. Mais il avait vraiment besoin de son aide.

Elle recroisa ses bras sur sa poitrine, le défiant du regard. Elle attendait une réponse franche, de véritables explications, il le sentait. Mais elle enchaina directement, cette fois plus suspicieuse.

« Pourquoi t’adresser à moi ? Et par la même occasion, quel est le maître qui t’envoie ? »

Il eut du mal à saisir pourquoi elle semblait presque méfiante tout à coup. Il fronça légèrement les sourcils, jouant nerveusement avec ses doigts pour évacuer son stress.  Redoutait-elle qu’il n’appartienne à quelqu’un de très haut placé ou quelque chose du genre ? Pourquoi cet air soupçonneux ?
Il lui devait une véritable réponse. Quelque chose de concret, bien construit, sans excuse. Se montrer franc, concis. Il avait juste besoin d’expliquer sa situation après tout. Bon, dis comme cela, ça paraissait très simple mais dans la pratique, ça l’était beaucoup moins. Il ne savait même pas par où commencer et automatiquement, cela l’angoissa. Mais à nouveau, il s’exhorta au calme et osa planter son regard dans le sien.

Jouer franc jeu. Il en était capable, il le savait. Peut-être était-ce un test ? Voir s’il était capable de dépasser sa peur ? Elle lui paraissait toujours aussi intimidante à vrai dire, mais il sentit brûler en lui la flamme de la détermination. Cette pensée l’amusa un instant puis il se reconcentra sur ce qu’il allait lui répondre et choisit finalement de se lancer sans attendre. Il lui avait déjà fait perdre assez de temps comme ça : il ne voulait pas amenuiser encore plus ses chances d’obtenir ne serait-ce que des conseils.

« Je sais que ma requête est assez déplacée, surtout vu les circonstances… commença-t-il avec un air coupable. Et que rien ne m’autorise à te demander une telle chose, reprit-il avec un peu plus d’assurance. Tu ne me connais pas et pourtant, j’ose venir te demander un peu d’aide, parce que tu es la seule succube que je « connaisse » et qui a déjà formé des incubes auparavant. »

Il ne faisait qu’énoncer une vérité.

« Aucun maître ne m’envoie, s’empressa-t-il d’ajouter. Je ne suis pas venu sous l’ordre d’un vampire, mais de mon plein gré. Mon maître ne semble pas trop se soucier de ma capacité à séduire, à vrai dire… Mais je ne suis vraiment pas doué et je voudrais apprendre. Je n’oserai pas te déranger si je n’avais pas vraiment besoin de ton aide, Absynthe. Lucius ne tarissait pas d’éloges sur toi, sur la qualité de ton apprentissage et de tes conseils. » ajouta-t-il avec sincérité, le regard franc.

Il ne voulait pas qu’elle croie qu’il la complimentait pour qu’elle accepte. Mais il devait aussi relativiser et accepter l’éventualité qu’elle lui dise non… Mais avant, il devait finir son explication. Et mentionner celui qui fut son amant à voix haute n’avait rien de facile. Devait-il se présenter comme un ami proche de Lucius ou dire la vérité sur l’exacte nature de leur relation ? Elle ne semblait pas savoir qu’il avait partagé la vie de l’autre incube pendant près de 10 ans… Quelque part, c’était blessant. Très blessant même. Il avait vite compris que Lucius était très attaché à Absynthe, rien qu’à la façon dont il parlait de la magnifique succube. Mais son amant ne la lui avait jamais présentée et ne semblait pas non plus lui avoir parlé de lui…
Il devait cesser d’y penser. Se concentrer sur son objectif. Juste cela.

« Je suis un ami proche Lucius, laissa-t-il échapper rapidement. Je sais que c’est toi qui l’a formé et il est vraiment, vraiment talentueux. Alors j’ai pensé que peut-être, si tu avais le temps, et l’envie de le faire bien sûr, ajouta-t-il précipitamment en lui lançant un regard prudent, tu pourrais me donner quelques conseils pour m’améliorer… » tenta-t-il avec un sourire plus gêné.

Et voilà que sa timidité lui jouait à nouveau des tours. C’était plus fort que lui. Il baissa les yeux furtivement, gêné de formuler à nouveau sa demande. Il espérait que sa réponse conviendrait à Absynthe mais il ne se faisait pas d’illusion quant à l’issue de leur conversation : elle n’allait pas accepter. Devait-il tenter de la convaincre un peu plus ?

Relevant des yeux incertains vers elle, toujours aussi gêné qu’elle soit si peu vêtue, il osa planter son regard dans le sien. Elle était si intimidante. Si droite, imposant le respect. Même dans cette tenue peu conventionnelle, elle semblait tout à fait à l’aise. Après tout, c’était lui qui n’avait pas sa place ici. Mais il attendit quand même sa réponse ou du moins qu’elle exprime son point de vue sur la question. Allait-elle le mettre dehors cette fois-ci ? Ou bien lui expliquer qu’elle n’avait strictement rien à faire de ses déboires de jeune incube ? Pourquoi accepterait-elle, de toute façon ? Il ne voyait pas de bonnes raisons à une réponse positive. Trop pessimiste ? Peut-être. Mais la situation ne s’y prêtait-elle pas ? Il débarquait sans prévenir, la dérangeait dans un moment de détente et osait finalement lui demander de l’aide…

Mais il ne pouvait tout simplement pas partir sans tenter sa chance. Ce n’était pas juste envers lui, et encore moins envers elle. Parce qu’il avait vraiment envie de s’améliorer et d’apprendre et que tout au fond de lui résidait l’infime espoir qu’elle accepte…

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Spoiler:
 

✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤


And the chase begins . . .
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Absynthe E. DiLaurentis
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MessageSujet: Re: Une requête inattendue [PV Chris]   Mer 4 Déc - 17:48




Absynthe avait de nombreuses facettes. Comme toute femme. Elle pouvait être sensuelle, hypnotisante et irréelle sur scène, puis l’instant d’après, présenter un tout autre visage, comme c’était le cas en ce moment-même. A vrai dire, elle ne pensait pas se faire ennuyer ce soir vu que le club était fermé. C’est comme lorsque c’est votre jour de congés et que votre patron vous appelle pour remplacer une collègue au pied levé. Vous avez juste envie de hurler « NON ! », mais comme vous craignez de vous faire mal voir, ou pire, virer, bah vous acceptez. Sans grande joie ! Vous pestez alors contre votre côté trop « bonne poire », maudissant votre employeur. Bon, une fois au travail, vous entrez dans votre rôle et puis basta, la journée (ou la nuit, tout dépend du travail), passe bien assez vite et vous pouvez rejoindre votre chez vous, tranquille. Enfin ça, c’est que dont tout le monde rêve… La réalité  n’est pas toujours vraie.

La succube avait l’habitude de détailler ceux qui l’entouraient. C’était aussi son métier. Repérer une proie pour voir si elle faisait l’affaire et « attaquer ». Idem pour le choix des danseuses. Même si elle ne les choisissait pas toutes, Zéphyr restait le grand patron et le seul vrai décisionnaire au fond. Et au vu de ce qu’elle voyait, elle pouvait dire clairement que cet incube n’était qu’un gamin. Aucune once de sex-appeal, c’était affligeant. Aucun charisme, aucune prestance et encore moins de confiance au lui. Mais où était passé l’homme sûr de lui et irrésistible qu’il aurait dû être ? C’était tout de même hallucinant ! Pourtant, il n’était pas laid. Loin de là d’ailleurs. Il était plutôt pas mal dans son genre. Mais la beauté ne fait pas tout. Si c’était le cas, ça se serait. Oh, on pouvait faire illusion quelques temps, jusqu’à ce que quelqu’un repère la supercherie et vous perce à jour. Quelle humiliation ! Encore plus pour un incube/succube.

Lorsqu’elle avait pris la parole, la jeune femme avait tout de suite vu son changement d’attitude. C’était subtile, mais tellement visible. Tendu, il donnait l’impression qu’il allait abandonner ce pourquoi il était venu ici. D’ailleurs, il n’était pas très clair. Elle ne comprenait absolument pas pourquoi il était là. Elle se rendait compte qu’elle l’avait blessé en lui balançant à la figure les propres faiblesses  du jeune homme. Et pourtant, ce n’était pas son objectif. Oh, elle pouvait être garce quand elle le voulait, mais ici, elle ne voyait pas l’intérêt qu’il y avait à agir de la sorte. Mais s’il prenait tout à cœur, il n’allait pas aller bien loin. Lorsqu’il prit enfin la parole, elle nota tout de suite que sa voix n’avait pas tremblé. Une bonne chose. Quoi que…au vu du timbre, il semblait déjà au fond du puits, en train de se noyer dans son désespoir. Et elle comprenait pourquoi ! HUIT ANS !?!? Absynthe fit claquer sa langue, soulignant sa désapprobation. Non mais Allô, t’es un incube et tu ne sais pas séduire ? C’est comme si je te disais t’es un vampire et tu ne bois pas de sang humain ! *sbaff* Oui, la télé-réalité traverse toutes les frontières. Même celles d’Heartkiller [désolée, j’ai pas pu m’en empêcher XD]. En tout cas, le fait qu’il détourne la tête était la preuve flagrante de sa honte et de son impuissance face à la situation. Apparemment, il subissait plus son statut d’incube qu’autre chose. Quelle perte de temps !

Huit ans qu’il devait réellement galérer… Et il demandait de l’aide simplement maintenant ? O_o  Etait-il trop imbu de lui-même ou si peu sûr de lui pour avoir attendu autant ? Vu le spécimen, la première catégorie était à exclure. Elle avait envie de lui envoyer à la figure pourquoi il ne demandait pas à son maître, mais elle s’abstint. Elle savait parfaitement que bons nombres de créateurs ne s’occupaient pas de ça. Ce qui était malheureux, il faut en convenir. Dans son malheur, Aby avait eu de la chance d’avoir Zéphyr à ses côtés. Il avait été à ses côtés depuis  le début et ne l’avait jamais lâché. Jamais ! Dans les bons comme dans les mauvais moments, il avait su être là. Elle avait toujours pu compter sur lui. Et inversement d’ailleurs. Une des nombreuses raisons qui faisaient qu’elle lui était entièrement dévouée. C’était la personne la plus importante dans sa vie. Alors quand elle voyait ce jeune incube livré à lui-même, engoncé dans son rôle d’incube dans lequel, il fallait l’avouer, il ne brillait pas, elle avait un peu pitié. Ce qui ne lui arrivait pas beaucoup d’ailleurs. D’avoir pitié de quelqu’un, on s’entend bien. On aurait vraiment dit un chiot, ruisselant de pluie, et totalement paumé. Et bien que la succube ne fasse pas dans la charité, elle trouvait plutôt courageux de venir ici pour lui demander de l’aide. De plus, vu son malaise et sa grande timidité, cela avait dû lui demander un effort quasi surhumain pour parvenir jusqu’au club… Et pire, pour s’adresser à elle.

Tout de même, on avait beau dire, elle ne voyait pas pourquoi elle devait se taper tout le boulot ?! C’est vrai quoi ! Elle avait bien d’autres choses à faire que de s’occuper de gamins tout droit sortie de leurs langes. Ce qui l’intriguait aussi, c’était pourquoi venir la voir directement elle. Elle n’aimait pas ça. Comme si c’était son job, comme si elle était payée pour faire ça, alors que ce n’était même pas le cas. Elle n’avait pas signé pour ça. Pour former tous les incubes ou succubes incompétents des environs. Alors certes, elle avait une certaine réputation, mais tout de même. Alors la question qu’elle venait de lui poser était tout à fait légitime, n’est-ce pas ? Et sérieusement, il avait intérêt à y répondre. En affaires, elle avait horreur de tourner autour du pot même si elle savait que c’était souvent ainsi. Pour obtenir quelque chose, il fallait souvent négocier longtemps en étant subtil, tout en dissimulant ses souhaits et envies réels. Tout un art ! Mais qu’il devient facile de maîtriser avec les siècles et donc l’expérience. Expérience que Chris ne semblait pas avoir de toute évidence. Dans tous les sens du terme d’ailleurs.

Aby lui avait posé une sorte d’ultimatum. Soit il parlait, mais il le faisait avec franchise, soit il déguerpissait de son champ de vision aussi vite que possible. Sinon elle risquait de lui montrer ce qu’une DiLaurentis pouvait faire. Bon, elle ne l’avait pas formulé comme ça, elle savait s’y prendre mais aussi se tenir. Elle n’en restait pas moins une dame et il n’était pas dans son intérêt d’offrir une image d’elle inadéquate vis-à-vis du Plaisirs Coupables. Elle fixait l’intrus, sans trop savoir quel pouvait être son objectif. Enfin si, elle comprenait où il voulait en venir. Il voulait apprendre à être un vrai incube ! Mais le pourquoi du comment lui échappait, dans le sens où pourquoi elle et qui l’envoyait. Elle se méfiait de certains sbires mal intentionnés et elle se protégeait elle et son créateur. César était un ennemi, jamais elle ne s’approchait de lui. Alors elle n’allait certainement pas s’amuser à entraîner un incube qui lui appartenait. Question de loyauté ! Elle n’avait rien contre Chris, mais s’il se révélait être à sa botte, elle le renverrait bien vite, sans aucune mesure. Elle l’observait attentivement pour voir s’il ne lui mentait pas, s’il ne cherchait pas à se défiler. Elle n’avait pas peur qu’il appartienne à quelqu’un de haut placé, là n’était pas le problème. Elle avait déjà formé des incubes et des succubes appartenant aux Bridgestone. Mais César, elle s’y refusait, voilà tout. Peu importe qu’il soit l’Empereur de Heartkiller. Sa loyauté était déjà acquise à Zéphyr et donc par extension, à Lorcan. C’était simple, clair et il n’y avait donc aucune ambiguïté. L’incube était stressé, nerveux même, mais il semblait aussi intrigué par sa question. Elle, elle n’avait rien à se reprocher. Et puis elle était dans son droit. Elle seule décidait si oui ou non elle formerait quelqu’un. Elle n’aimait pas se sentir obligé. Mais lui, qu’avait-il à se reprocher ? Au vu de sa réaction, elle pouvait se poser la question.

Mais lorsqu’il planta ses yeux dans les siens, elle eut presque envie d’applaudir. Vu le peu de confiance qui l’habitait, elle ne l’imaginait pas la fixer droit dans les yeux avant une bonne dizaine d’années. Cependant, ce n’était pas plus mal car elle pouvait ainsi voir s’il lui mentait ou pas. Bon…peut-être qu’au fond son cas n’était pas perdu. Quoi que…il avait évité soigneusement de la regarder, ou disons plutôt de la reluquer grossièrement de bas en haut. Mais elle se demandait si ce n’était pas plus timidité que par réel souci de se comporter comme un gentleman. Elle allait devoir régler ce problème aussi tiens. Parce qu’un homme, quand il sait déshabiller une femme du regard, en y mettant les formes –tact, subtilité, désir, respect- pouvait déclencher de véritables étincelles, entraînant par la suite un brasier étourdissant. Absynthe avait déjà déclenché ce genre de réaction chez ses proies, qu’elles soient hommes ou femmes. Mais elle avait aussi vécu ce genre de sensations exquises –se faire déshabiller du regard par un homme expert- et elle pouvait dire que c’était un bon moyen d’attiser le désir. Lucius, entre autres, avait su s’y prendre lorsqu’ils avaient été amants. Elle en gardait un excellent souvenir. Tout simplement exquis.

Alors qu’elle s’impatientait de nouveau, l’incube prit la parole. Enfin ! Parce qu’elle était à la limite de le foutre dehors…ou pire, s’endormir sur place. Bon point déjà, il ne s’excusait pas. Pour une fois ! Oui jeune homme, ta requête est déplacée. Je dirai même, elle n’a rien de protocolaire. Alors comme ça il était au courant qu’elle formait des incubes/succubes. Effectivement, il ne faisait qu’énoncer des faits. Ça n’aurait pas dû l’étonner depuis le temps. Mais il est vrai qu’elle demandait à ce que ça ne soit pas répéter à tout bout de champs pour ne pas se retrouver avec une file d’attente de trente mètres de long. Elle n’aurait vraiment pas eu le temps pour ça. Il lui aurait fallu des journées plus longues et le soleil ne le lui permettait pas. Mais du coup, quand on lui envoyait quelqu’un, il se révélait la plupart du temps un cas désespéré. Allez mon gars, si tu es capable de me fixer dans les yeux, tu es capable de me dire la vérité, non ?
Ainsi donc, d’après ce qu’il prétendait, aucun maître ne l’envoyait ? Ce petit homme était donc venu de son plein gré… Quel courage tiens ! Deux choses : soit il lui disait la vérité, et son approche alors était totalement hors protocole. Soit il lui mentait, et il risquait de se prendre une bonne raclée. Beaucoup plus âgée et donc plus expérimentée que lui, il finirait en pâté pour chien. Oui, Aby pouvait être violente quand on la poussait un peu trop. Mais elle n’en fit rien. Elle l’écouta, sans broncher, les bras croisés sur sa poitrine. Son maître ne s’en souciait peut-être pas pour le moment, mais lorsqu’il se rendrait compte que son « cheptel » ne s’agrandissait pas, il commencerait à se poser des questions et là, il allait réellement se soucier de Chris. Et pas de la meilleure façon qui soit. Faut pas croire, mais les maîtres peuvent attendre beaucoup de leurs incubes/succubes. Et s’ils ne disent rien au début, et qu’ils vous vont croire qu’ils ne voient rien, c’est faux. Ils savent ! Un point c’est tout ! Et ils vous le font chèrement payer par la suite.

Et c’est alors que sans qu’elle s’y attende, la conversation bascula. Lorsque le prénom « Lucius » franchit les lèvres du jeune incube, elle plissa légèrement les yeux, comme pour s’assurer qu’elle avait bien entendu. Même si à cet instant, ce sont oreilles dont on se sert et pas des yeux. Mais que voulez-vous, c’est purement un réflexe qu’on ne contrôle pas. Etait-ce vraiment son Lucius ? Celui qu’elle avait formé et qui était devenu son ami proche ? Et si oui, d’où le connaissait-il ? Avaient-ils la même maîtresse ? C’était peut-être pour ça… ? Peut-être que Lucius lui envoyait ?... Son regard était franc…sincère. Elle ne pouvait douter de ses propos. Même si elle avait rencontré d’excellents menteurs au cours de sa vie, Chris n’en faisait définitivement pas parti. Du moins, en cet instant, il ne lui racontait pas d’histoires. Lucius, ne pas tarir d’éloges sur elle ? Etrange qu’il parle ainsi d’elle à cet incube… Ah ? Bah pas n’importe quel incube. D’après Chris, ils étaient des amis proches. D’où le fait que Lucius parle d’elle au final. Certes, c’était toujours flatteur. Et elle connaissait assez son ami pour savoir qu’il ne s’aventurerait pas à parler d’elle à n’importe qui. Etrange tout de même que ces deux-là soient amis. C’était le jour et la nuit, le diamant et le charbon, l’oasis et le désert, le paradis et l’enfer. Deux hommes que tout opposait. Je vous laisse deviner aisément qui est un diamant. Pas besoin de dessin. Mais ne dit-on pas que les opposés s’attirent ? Et Lucius n’avait peut-être pas eu la patiente de le former. Ce qui lui donnait envie de rire d’ailleurs. Elle l’imaginait parfaitement perdre son sang-froid.

Rien que de penser à Lucius, des souvenirs lui revenaient en mémoire. Il lui  manquait. Sincèrement. Elle ne l’avait pas vu depuis quelques temps déjà car il partait souvent d’Heartkiller sur les ordres de sa maîtresse. Comme cela lui arrivait à elle aussi lorsque Zéphyr l’envoyait contrôler certains clubs. Elle rêvait de le voir franchir les portes du Plaisirs Coupables. Ils parleraient de tout et de rien comme de véritables amis. De leurs dernières et nombreuses conquêtes, sans jamais entrer dans les détails, de leur job, de leur statut d’incube, parfois de leurs états d’âme, même si chacun se révélait très secret par rapport à leur intimité profonde et personnelle. Mais ça ne les empêchait pas de se comprendre et de se soutenir mutuellement. Parfois les mots n’étaient pas nécessaires. Un regard, et l’essentiel était dit. Elle espérait qu’il reviendrait vite sur l’île.

« Vraiment, vraiment talentueux ! »

A ces mots, un sourire naquit sur les lèvres de la jeune femme. Non pas par fierté. D’ailleurs, son expression ne révélait pas un tel sentiment. Non, dans son sourire, on pouvait y lire de la tendresse, un brin de nostalgie et un attachement profond. Son regard s’était illuminé, tout simplement. Alors imaginez un instant lorsqu’il réapparaîtra dans son champ de vision… C’est juste que les propos de Chris lui rappelait les heures et les heures d’entraînement, où à cette époque Lucius n’était pas aussi doué que maintenant. C’est vrai qu’au fond elle était fière, mais d’un autre côté, elle n’avait fait que révéler ce qu’il possédait déjà à la base : un énorme potentiel. Potentiel qui s’était transformé en une arme redoutable aujourd’hui. Alors oui, on pouvait dire sans exagérer qu’il était vraiment, vraiment talentueux.

Toujours dans ses songes, elle sentit alors que l’incube la regardait, avec une pointe d’interrogation. Elle reprit contenance, ne souhaitant pas étaler ses sentiments –bien que purement amicaux- aux yeux du jeune homme. Chris avait vraiment de la chance. Il y a encore quelques secondes, elle aurait refusé de le prendre sous son aile. Mais il avait prononcé un mot magique « Lucius », et elle se voyait mal refuser d’aider un de ses amis. Elle poussa un soupir de dépit, levant les yeux au ciel, sa main brassant l’air négligemment, en faisant deux ou trois moulinets. Comme si elle effaçait l’ardoise et s’avouait vaincu, elle posa ses mains sur ses hanches, détaillant Chris avec attention.

« Bien… Ce n’est pas comme si c’était nouveau. Et comme je ne peux rien lui refuser… » Dit-elle avant de finir sa phrase par un petit sourire en coin, se parlant plus à elle-même qu’autre chose.

Enfin, ne rien lui refuser… A quelques exceptions près, bien évidemment. Elle plongea son regard dans celui de Chris, réclamant toute son attention.

« Très bien, je t’enseignerai tout ce que je sais sur l’art de la séduction. Par contre, je suis désolée, mais je ne passe au-dessus d’aucun maître. J’ai besoin de savoir de qui il s’agit. As-tu la même maîtresse que Lucius ?... »

Puis elle se stoppa soudainement, l’observant plus attentivement.

« A moins que… Tu es un incube plus que médiocre, voire très incompétent. Es-tu toujours sous ses ordres ou bien t’a-t-elle vendu  à un autre ? »

Vendre ses incubes/succubes était courant. Surtout lorsqu’on ne sert pas à grand chose. Absynthe avait toujours trouvé cela bizarre, mais elle n’avait pas d’opinion arrêté sur le sujet. Soit on était compétent, soit on ne l’était pas. Aby, n’avait jamais eu à se poser la question ou à craindre d’être « refilé » à un autre maître. Devant la tête de Chris face au terme « très incompétent », elle soupira, un brin agacé, puis reprit la parole.

« Tu apprendras qu’avec moi, il n’y a pas de demi-mesure. Je dis ce que je pense, même si c’est blessant. Ça t’apprendra rapidement à ne pas tout prendre au premier degré. Je serai directe quand il le faudra, mais subtile quand la situation l’exigera. Je te préviens tout de suite, je suis très exigeante et je n’admets aucun retard. »

Elle marqua une pause, avant de reprendre.

« Selon ton niveau et ta capacité à évoluer rapidement ou pas, ta formation peut prendre plusieurs mois. Vu le niveau…attend-toi à ce que ça dure. Sauf si tu me prouves le contraire… »

Elle s’avança alors vers lui, lentement, faisant doucement chalouper ses hanches, de manière subtile, presque effacé. Elle avait horreur de paraître vulgaire. A ses yeux, une femme devait rester classe et sexy en toute situation. Mais rien n’interdisait quiconque de jouer de ses charmes. Elle se stoppa pourtant à un bon mètre, gardant toujours ses distances. Plus proche de lui, mais pas assez pour ne pas trop le mettre mal à l’aise. Il n’avait pas l’air très serein en présence d’une femme visiblement. Encore moins quand celle-ci n’est pas très vêtue. Et bien il allait devoir s’y habituer. Cela faisait aussi partie de son apprentissage.

« Ma méthode est ce qu’elle est, mais sache qu’elle a toujours fonctionnée. Ceux que j’ai formé ont tous réussi et sont devenus des incubes dignes de ce nom. Sache tout de même que je n’admets pas l’insubordination et je n’hésite pas à punir quiconque ose me manquer de respect, est-ce clair ? »

Elle le vrilla du regard, attendant sa réponse, lui faisant clairement comprendre qu’elle ne plaisantait absolument pas. Et sa réponse avait intérêt à ce qu’elle soit positive. Sinon il pouvait prendre ses clics et ses claques et repartirent d’où il venait.

« Néanmoins, je peux concevoir que mes méthodes puissent surprendre des novices comme toi. Je suis donc ouverte à la discussion si cela s’avère constructive pour ton apprentissage. Pour être plus claire, je ne suis pas fermée si tu rencontres des problèmes ou des difficultés. Tu peux m’en parler… Je parle de ta formation bien entendu.  Et on fera en sorte d’y remédier. »

Elle écouta la réponse de l’incube [je te laisse une marge de manœuvre pour répondre à Aby avant la scène qui va suivre…], puis lorsqu’il eut fini… Sans qu’il s’y attende, elle se rapprocha de lui, avec une envie irrésistible de le tester, gommant le dernier mètre qui les séparait. Que voulez-vous, elle était une succube, et elle aimait s’amuser un peu, taquiner ses « proies » et leur faire tourner la tête. Absynthe colla son corps contre celui du jeune homme, sa poitrine, légèrement dissimulée par un déshabillé en dentelles noires, contre le torse de ce dernier. Elle avait de nouveau changé de casquette. Elle était Absynthe, la séductrice, la prédatrice, celle qui aime séduire et plaire. Un petit sourire amusé apparut sur les lèvres de la jeune femme. Elle passa une main sur l’épaule musclée de son partenaire, tandis que de l’autre, ses doigts effleuraient tout doucement la joue du jeune incube, descendant lentement jusqu’à sa mâchoire. Elle ne le quittait pas de son regard vert, appuyant un peu plus son corps quasi dévêtue contre Chris. Pourtant l’attitude de l’italienne n’avait rien de grossier ou d’obscène. C’était raffiné, un peu provocateur et sensuelle, mais pas vulgaire une seule seconde. Elle ne voulait pas inspirée le dégoût, mais plutôt le désir, le plaisir, l’envie, la tentation… Allait-il donc rester aussi immobile, comme s’il craignait qu’elle ne le mange tout cru. Ce qui était tout à fait possible…Surtout qu'elle avait quelques petites choses en réserve qu'elle avait envie de tenter sur le jeune homme. Elle l’avait pris au dépourvu, et elle jouait de ses charmes pour voir ce qu’il avait dans le ventre. Était-il aussi empoté qu’il ne le laissait paraître, ou pouvait-elle espérer qu’il ait un regain de « potentiel » ? Sa réaction se faisait attendre… Mais Aby était dans son rôle de succube séductrice et elle pouvait se montrer très patiente à ce moment-là… Peut-être serait-elle agréablement surprise… Ou bien juste déçue et consternée de voir qu’il y aurait un réel et gros travail derrière, avant d’en faire un véritable incube. Restait plus qu’à découvrir l’ampleur du travail qui s’annonçait…

HS:
 

✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤


You’ll know when it starts you’ll feel it
You’ll stay awake at night thinking about me
Wondering if I am thinking of you.
You’ll think about the way my body moves my skin, my touch,
You’ll never sleep again
You’ll follow my scent
You’ll become mine
I will tattoo your heart

✤ ✤ ✤ ✤ ✤
I hope you don't mind, I hope you don't mind
That I put down in words
How wonderful life is while you're in the world



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Christopher R. Eddison
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✤ EMPLOI/LOISIRS : Incube à plein temps !
✤ HUMEUR : Mélancolique...

MessageSujet: Re: Une requête inattendue [PV Chris]   Mer 25 Déc - 0:06

Une requête inattendue
Absynthe ∞ Christopher

La réaction que la succube eut quand il lui répondit que cela faisait huit ans qu’il était un incube était explicite. Clairement, elle devait croire qu’il n’avait strictement rien à faire là, qu’il avait trop tardé à demander de l’aide ou bien qu’il était un cas totalement désespéré… En réalité, toutes ces propositions étaient une part de la vérité. Chris avait conscience qu’il avait trop tardé à demander de l’aide. Il le savait. Mais comment lui expliquer que durant huit ans, il n’avait eu d’incube que la nature dont la tâche ?

Lorsque son ancienne maîtresse l’avait transformé, il n’était qu’un esclave au physique avantageux qu’elle venait juste d’acquérir. Il n’avait pas eu le choix. Pouvait-il dire qu’il regrettait qu’elle l’ait fait ? Sa nature de vampire lui assurait une certaine résistance, qu’il n’avait pas lorsqu’il était humain. Il se sentait moins vulnérable ainsi, même si la peur restait toujours ancrée en lui, latente. Bien sûr, il lui arrivait de regretter bien des choses relatives à sa vie humaine : le Soleil, en tout premier lieu. Mais en temps qu’humain et esclave, jamais il n’aurait pu tenir. Les incubes avaient l’avantage de se révéler bien plus utiles pour les vampires que les esclaves humains que l’on pouvait remplacer à tout bout de champs, le jetant comme on jette un mouchoir après usage. Les vampires se montraient moins cruels avec leurs incubes, car ils étaient quand même de la même race, même si l’un était le maître de l’autre. Donc oui, globalement, il était heureux d’être un vampire. Néanmoins, son statut d’incube ne lui seyait pas du tout et il en avait pleinement conscience…

Et puis sa créatrice avait Lucius. Magnifique, terriblement efficace. Un séducteur né, auquel personne ne pouvait résister, même les vampires eux-mêmes, c’était dire. Chris n’avait jamais compris pourquoi elle l’avait transformé alors qu’elle avait déjà le meilleur à son service. Cela restait pour lui un mystère… Peut-être était-ce juste un caprice. Enfin… Toujours est-il qu’avoir deux incubes à son service n’avait guère d’utilité, selon son point de vue. Il fallait être réaliste : en huit ans, jamais Chris n’avait tenté de charmer une proie. Quelles étaient les raisons de cette inaction ? Elles étaient au nombre de trois : tout d’abord, sa maîtresse n’exigeait jamais qu’il lui ramène un humain, elle s’adressait toujours à Lucius et n’avait d’ailleurs d’yeux que pour ce dernier, mais comment la blâmer… Ensuite, il n’avait jamais osé franchir le pas. Combien de fois, alors qu’ils se trouvaient non loin d’une proie sans défense, Lucius l’avait-il encouragé à essayer, juste pour voir ? Certes, il se moquait un peu de lui en disant ça… L’autre incube savait pertinemment bien que Chris n’avait ni l’étoffe d’un séducteur, ni la courage suffisant pour aborder quelqu’un de cette manière, surtout qu’il répugnait toujours à l’idée d'en faire des esclaves. Et la troisième raison était sûrement la plus importante : malgré quelques boutades, Lucius refusait catégoriquement qu’il se prête à un tel jeu sous ses yeux. Possessif et jaloux ? Très certainement.
Donc durant huit ans, il avait laissé Lucius faire le boulot à sa place, en quelques sortes. Bon, dit comme cela, le geste paraissait odieux et vraiment indigne de lui. Mais la vérité était que Lucius n’avait pas besoin de lui pour séduire –Chris l’aurait même gêné- et qu’il ramenait bien assez d’humains à sa maîtresse pour contenter cette dernière. Celle-ci n’exigeait donc rien de Christopher, même si elle devait se douter qu’il ne faisait que de la figuration dans les prises de son favori. En tous cas, l’idée ne semblait pas l’avoir gênée pendant huit longues années. Ils faisaient « équipe », lui fournissaient des esclaves à son goût, quelques mets succulents quand elle le désirait, et cela lui suffisait. Néanmoins, elle avait beaucoup moins apprécié qu’ils partagent une relation aussi intime…

Quand Aaron l’avait par la suite acheté, Chris avait quelques fois tenté de charmer des humains. Bon, autant dire qu’il n’en gardait pas un bon souvenir et que ses tentatives s’étaient soldées par de cuisants échecs. A l’époque, il était terrifié par l’idée que son nouveau maître le punisse s’il ne lui ramenait personne… Mais Aaron n’avait rien exigé de lui. Strictement rien. D’ailleurs, il ne semblait pas du tout s’en soucier. Mais Chris restait méfiant. Il ne voulait pas donner une raison à son maître de se débarrasser de lui.

Alors oui, il avait définitivement trop tardé pour commencer son apprentissage, ou ne serait-ce que demander un peu d’aide. Rajoutons à cela le fait qu’il n’ait pas du tout le caractère adapté à l’emploi… Tout cela faisait de lui un cas vraiment désespéré. Il était trop timide. Trop incertain. Il n’avait ni confiance en lui, ni le courage d’aller vers les autres spontanément. Et avons-le, il était un piètre séducteur, pour la simple et bonne raison que personne ne lui avait jamais montré ou appris et que dans son cas, il était impossible qu’il y parvienne par lui-même.
Alors il comprenait très bien la désapprobation d’Absynthe.

Mais toujours est-il qu’il parvint à lui expliquer son cas sans trop de problèmes, bien décidé à mettre les choses au clair. Elle voulait des explications, elle les aurait. Et puis tenter de défendre un peu sa cause ne lui coûtait rien. Certes, c’était gênant, il peinait à la regarder droit dans les yeux –bien qu’elle semblait apprécier sa franchise- et il se sentait très gêné… Mais il avait déjà accompli le plus dur : la trouver et capter son attention. Il n’avait cependant pas beaucoup d’espoirs –et ne voulait d’ailleurs pas penser à ce qu’il se passerait si elle refusait- mais elle l’écouta, et en soi, c’était déjà bien.

Mais il vit très bien la réaction qu’elle eut lorsqu’il osa enfin mentionner Lucius à voix haute. Elle parut douter un instant qu’il s’agissait bien de ce Lucius et également du fait qu’ils se connaissaient tous les deux. Chris ne put lui en vouloir. Comment croire à leur lien, quand on les connaissait assez ? Ils étaient tellement différent… Lui, si effacé, presque invisible, et Lucius, qui attirait tous les regards, charmeur, à l’aise, avenant et pourvu d’un sens de l’humour subtil. Ils étaient d’exacts opposés. Et pourtant, leur relation était allée bien plus loin qu’une simple amitié ou même une fugace attirance…
Et le sourire qui courba les lèvres de la succube lorsqu’il ajouta que Lucius était talentueux voulait tout dire. Chris avait toujours su qu’un lien fort les unissait tous les deux, sans pour autant en connaitre les aboutissants. Etait-ce juste une amitié fusionnelle ? Une grande complicité ? Ou bien y avait-il eu plus entre eux ? Aujourd’hui encore, le mystère restait entier, et l’Italien n’était pas sûr de vouloir en connaître tous les détails. S’ils avaient été amants… Eh bien, cela n’avait rien de très surprenant quelque part. Ils s’appréciaient et Lucius la présentait toujours comme quelqu’un à qui il tenait énormément. Sans oublier qu’Absynthe avait formé Lucius…

Mais l’air résigné de la succube et son regard scrutateur balayèrent ses pensées, le ramenant à la réalité. Et ses paroles le laissèrent surpris. Il se figea, presque choqué, n’osant y croire. Cela voulait-il dire qu’elle acceptait ? Vraiment ? Mais il ne pouvait se laisser aller à exprimer sa joie et son soulagement, car elle réclamait toute son attention, captant son regard pour lui poser une nouvelle question. Les sentiments positifs qui l’avaient assailli se dissipèrent en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire.
Pire encore, elle devina ce qu’il c’était réellement passé… En partie. Effectivement, la maîtresse et créatrice de Lucius avait vendu Chris, mais pas pour les raisons que la succube évoquait. L’air un peu plus sombre, il consentit néanmoins à lui répondre. Franchise et sincérité. Il ne comptait pas lui mentir et lui donner ainsi l’occasion de la virer, pas alors qu’elle semblait prête à l’aider… Cependant, il ne comptait pas lui étaler sa vie.

« Effectivement, elle m’a vendu à un autre, affirma-t-il d’une voix étrangement calme, bien qu’il ne put retenir le petit rictus de douleur qui déforma ses lèvres un bref instant. J’appartiens à Aaron Lewis à présent. »

Il espérait que cette réponse la contenterait… Et qu’elle n’avait pas une dent contre son maître. Sinon, il pouvait dire adieu à sa dernière chance de devenir enfin un véritable incube. Elle soupira, visiblement agacée, et il se tendit, s’interrogeant sur les causes d’un tel sentiment. Mais ses paroles lui indiquèrent qu’elle avait dû se méprendre sur les raisons de son air soudainement sombre. A vrai dire, il se souvenait à peine qu’elle ait mentionné à voix haute sa médiocrité. Néanmoins, il hocha la tête, attentif à ses mots.
Elle serait franche. Très bien, il ne demandait pas mieux. Il avait conscience que ce ne serait pas facile pour lui, peut-être parce qu’il était un peu trop susceptible et prenait constamment tout au premier degré, comme elle le sous-entendait. Mais il était déterminé. Il le voulait qu’elle le sache. Il en avait marre de fuir face à la difficulté, de fuir tout court d’ailleurs. Il avait conscience de certains de ses défauts et se les entendre dire à voix haute n’était jamais très agréable, mais il préférait cela plutôt qu’elle le berce d’illusions. De toute façon, elle n’était pas de cette tempe-là, cela se sentait dans son attitude. Et il aurait certainement besoin qu’elle ose lui dire les choses, sans le ménager.

Il hocha à nouveau la tête à ses mots. Elle serait exigeante, très bien. Cela ne le surprenait guère, quelque part… Mais il n’allait pas se démonter pour si peu. Et il serait ponctuel. Il avait bien conscience qu’au moindre faux pas, elle n’hésiterait pas à le mettre à la porte et il comprenait cela, aussi ferait-il tout pour ne pas s’attirer ses foudres inutilement. Il se raidit un peu quand elle mentionna le temps que sa formation pourrait prendre. Bien sûr, il se doutait que cela n’allait pas se faire en un jour… Mais elle cherchait à le tester. Tant pis, cela prendrait le temps qu’il faudra, pense-t-il pour se motiver. Maintenant, il ne pouvait faire machine arrière. Il était bien trop déterminé et droit pour cela.

Elle s’approcha lentement, la démarche féline et aérienne, terriblement sensuelle, pour finalement s’arrêter à un bon mètre de lui. Il ne quittait par son visage des yeux, refusant consciemment de contempler son corps peu vêtu. Mais leur relative proximité le mettait soudainement un peu mal à l’aise. Il n’avait pas l’habitude. Ce n’était pas contre elle bien sûr. Mais il ne pouvait contrôler cela. Il avait toujours redouté la proximité d’autres membres de son espèce. Ses muscles se tendirent et il se crispa. C’était plus fort que lui, véritablement. Pourtant, il savait qu’Absynthe ne lui voulait aucun mal : si c’était le cas, il ne serait plus là pour en parler. Son attitude n’avait rien de menaçant, son regard n’était pas mauvais.
Il ne s’expliquait pas sa soudaine raideur, et la peur, sourde, qui tordait légèrement ses entrailles. Enfin, disons qu’il n’avait plutôt pas envie d’y penser. Il savait très bien pourquoi malgré ses efforts à s’exhorter au calme, il ne pouvait se détendre. Cette peur viscérale du contact avec les vampires prenait source dans son passé d’esclave…
Mais la voix sûre d’Absynthe le sortit de ses pensées sombres. Son ton était catégorique et n’admettait aucun refus.

« J’ai bien conscience de cela et ça se comprend. » acquiesça-t-il, son regard déterminé se plantant dans le sien.

Elle exigeait de lui le respect, c’était tout à fait normal. Mais il ne pouvait lui en vouloir d’imposer ainsi son autorité. De toute façon, il ne voyait pas la chose autrement. Il avait bien trop besoin d’elle pour agir de manière incorrecte et se la mettre à dos. Sans oublier que ce n’était vraiment pas ce qu’il voulait.
Ses lèvres se courbèrent légèrement à l’écoute de la suite de son discours. Elle était bonne pédagogue, il n’avait plus aucun doute.

« D’accord. Je n’ai pas à te dire comment faire de toute façon, tu as mon entière confiance. J’ai vu les résultats que donne ta méthode après tout… »

Lucius en était le digne représentant.

« J’espère juste pouvoir répondre à tes exigences, souffla-t-il, un peu incertain. En tous cas, j’y travaillerai. » termina-t-il d’un ton déterminé.

Il comptait bien lui faire comprendre qu’il ne reculerait pas face à la difficulté. Il en avait fini avec ça.

Mais, sans crier gare, elle s’approcha soudainement de lui, réduisant à néant le mètre d’air qui persistait entre leurs deux corps. Christopher se tendit violement, crispant les poings d’une manière presque compulsive, le regard planté dans celui de la succube. Il sentait ses courbes venir se coller contre son torse, sa main légère remontant le long de son épaule. Mais il resta figé par la peur, incapable du moindre geste. Tout son être semblait s’être soudainement mis à fonctionner au ralenti, les gestes lents d’Absynthe annihilant toutes pensées cohérentes chez l’incube.
Ses doigts dessinèrent sa joue, caressant, légers, puis vinrent effleurer sa mâchoire. Cette fois-ci, il ne put empêcher son mouvement de recul, instinctif. Il brisa le contact d’une manière presque violente comparée à la lenteur languissante dont avait fait preuve la succube pour l’approcher. Et ses doigts saisirent par réflexe le poignet de la femme magnifique qui lui faisait face, éloignant sa main de son visage.
Puis la réalité le frappa soudainement et il la lâcha, reculant d’un pas. Il baissa le regard un instant, n’osant pas l’affronter directement, avant de la regarder en face à nouveau, un sourire légèrement crispé aux lèvres.
Comment justifier son attitude sans mentir et sans lui raconter sa vie ? Elle avait forcément lu la terreur dans ses yeux, il avait toujours été incapable de contrôler ce violent sentiment…

« Pardon, je ne voulais pas… Enfin, tu m’as surprise et je n’ai pas vraiment l’habitude de tels contacts. » se reprit-il dans un murmure en se souvenant qu’elle n’aimait guère qu’il se répande en excuses.

Terriblement mal à l’aise, il ne put s’empêcher de lui demander d’une voix presque timide :

« Est-ce que c’était un test ? »

L’idée venait tout juste de lui effleurer l’esprit. Croisant ses bras sur son torse, il se força à ne pas s’éloigner un peu plus. Pourtant, il en avait terriblement envie. Mais il savait qu’il devait s’habituer dès maintenant à sa présence : ils allaient passer beaucoup de temps ensemble…
Bon, clairement, si elle venait de le tester, il ne doutait pas de son échec. Malgré sa volonté de bien faire, il était toujours mal à l’aise à proximité des vampires et la peur l’envahissait au moindre contact un peu trop poussé… Mais il s’exhorta à nouveau au calme, s’efforçant de détendre ses muscles raidis.

« Si je peux me permettre, enchaina-t-il d’un ton sérieux et moins tremblant, comment s’organise-t-on ? Ton travail doit te demander beaucoup de temps… » remarqua-t-il à voix haute.

Réfléchir à ces questions d’ordre purement pratique l’aidait à penser à autre chose, sans pour autant perdre son objectif de vue.

« Je ferai en fonction de tes horaires, comme mon maître n’est pas très demandeur de mes services, lui assura-t-il sans hésitation. Je ne voudrais pas paraître impatient, mais quand commence-t-on ? l’interrogea-t-il, curieux. Dès maintenant ? »

Après tout, le possible test qu’elle venait de lui faire passer suggérait que c’était le cas. Il était curieux de ce par quoi elle allait commencer. A vrai dire, il n’avait jamais imaginé de quelles manières elle pouvait l’aider. Sûrement grâce à des mises en situation ou ce genre de choses… La théorie seule ne suffisait pas. A cette idée, l’angoisse lui tordit les entrailles. Mais il irait jusqu’au bout. Il se l’était promis. Et il s’était engagé auprès d’Absynthe.

« Comment va-t-on procéder ? » lui demanda-t-il finalement, choisissant de montrer sa sincère curiosité.

Peut-être que cela faisait beaucoup trop de questions à la fois… Mais les réponses qu’elle lui donnerait le rassurerait au moins un peu, il l’espérait. Cet apprentissage représentait l’inconnu.
Et l’inconnu l’avait toujours effrayé.
Code by Silver Lungs


Spoiler:
 

✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤


And the chase begins . . .
"Dear little humans. You know, vampires can't be trusted. Do you know what's hiding behind these crimson lips ? Fangs. And vampires use them to suck the life out of your fragile body..."


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Absynthe E. DiLaurentis
Au goût de l'Absynthe...
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MessageSujet: Re: Une requête inattendue [PV Chris]   Jeu 26 Déc - 16:39




La relation sexuellement intense qu'avait entretenue Lucius et Absynthe à l'époque n'avait pas duré des décennies. La preuve, ils étaient restés très proches, leur relation n'étant que purement amicale. Mais la durée n’a rien à voir là-dedans. Peu importe qu’elle dure un siècle ou une nuit. L’intensité des liens ne se mesure pas au temps, mais à ce qui peut lier ces deux personnes, à leur vécu. Et il n’était évidemment pas le moment, ni la bonne personne pour s’épancher sur sa relation avec son ex-amant. Cela ne regardait que les deux concernés. Personne d’autre. D’ailleurs, Christopher avait enfin daigné lui révéler le nom de son maître. Ainsi donc, elle avait raison… Ou en partie. Elle ne savait pas les réels raisons qui faisaient que cet incube n’appartenait plus à sa maîtresse. Malgré l’instinct féminin qui caractérise chaque femme, elle n’était pas devin pour autant. Absynthe remarqua le petit rictus de douleur du jeune homme, mais elle n’y prêta pas une réelle attention. Il n’était jamais agréable de se voir relégué à une vulgaire marchandise dont on peut se débarrasser comme bon lui semble. La fierté en prend en coup et la confiance en soi aussi. Aaron Lewis ! Enfin ! Alors comme ça l’un des patrons du KillerBurger avait un nouvel incube ? Intéressant… Un léger sourire apparut sur ses lèvres. Elle avait entendu dire qu’il s’agissait d’un bon maître dans l’ensemble. Chris n’était donc pas si mal tombé au final. Elle reprit contenance, ravie qu’il ne s’agisse pas d’un poulain de César. Au moins, il avait été franc et sincère et c’est ce qu’elle exigeait. Elle ne supportait pas le mensonge ou la dissimulation. Si Chris tenait à ce que sa formation se passe bien et qu’il y ait une bonne entente entre eux, il devait se montrer franc avec elle. Sa vie privée et intime ne l’intéressait pas. Il n’était pas là pour ça et elle, elle n’avait pas de temps à perdre à l’écouter se plaindre.

Bien évidemment, elle n’avait pas pu passer à côté du fait qu’il avait été surpris, limite choqué qu’elle accepte sa requête. Requête qui se serait révélé vaine s’il n’avait pas eu dans ses amis ce bon vieux Lucius. Comme quoi avoir des relations bien placées, ça peut aider quand on ne s’y attend pas. En tout cas, elle n’avait rien à dire sur Aaron Lewis, aucune dent contre lui, donc c’était parfait. Et comme elle n’émit aucun commentaire sur son maître, cela prouvait qu’elle ne voyait aucune objection à le former. Bonne nouvelle ! Surtout pour lui.

Elle espérait pour lui qu’il serait déterminé et qu’il ne baisserait pas les bras à la moindre difficulté. Elle avait horreur des mauviettes qui n’avaient rien dans le ventre. Et vu qu’il semblait tout prendre à cœur, il allait devoir mettre un peu d’eau dans son vin. La vérité n’est pas toujours agréable à entendre, mais elle est nécessaire pour avancer. Comme on dit souvent, que la critique soit bonne ou mauvaise, elle permet à chacun de s’améliorer. De toute façon, Aby n’était du genre à jouer avec les« élèves ». Elle les formait, leur inculquait les ficelles de la séduction et si ça allait plus loin, pourquoi pas… Mais elle était toujours directe et droite. Elle ne les abaissait pas, ni ne les humiliait. Ce n’est pas comme ça qu’elle fonctionnait. Ce n’est pas en rabaissant quelqu’un plus bas que terre qu’on obtient le résultat escompté. Encore moins le respect et la confiance. Et pour que l’élève mette le meilleur de lui dans son apprentissage, il fallait se comporter convenablement. Ni faire copain-copain, ni jouer au maître et à l’esclave. Chris devait juste comprendre et garder en tête qu’il avait affaire à une succube bien plus âgée que lui, avec de l’expérience et qu’elle n’accepterait pas qu’il se comporte de manière déplacée avec elle. Après, en ce qui concernait les limites, elle seule était en mesure de les mettre en place, en temps et en heure, au fur et à mesure de l’entraînement. Encore fallait-il s’y mettre !

Absynthe avait toujours été une jeune femme exigeante. Ses parents, du plus loin qu’elle se souvienne,  avaient toujours été des personnes travailleuses, qui avaient transmis à leurs deux filles le goût de l’effort et du travail bien fait. Alessandro, son père, était ébéniste. Un artisan amoureux du bois et des beaux meubles, qui aimait la perfection des courbes d’un fauteuil en merisier, la robustesse d’une armoire en bois d’acacia, la dureté d’un plancher en chêne… Les exigences que son père s’imposait dans son métier, Aby se les imposait dans son « métier ». Non, ce n’était pas tout à fait la même chose. Elle ne maniait pas le bois, ni le bédane, mais la danse, la séduction et les mots. Et chacun avait ses codes, ses exigences et au fond, chacun dans leur domaine, c’était un art.

Absynthe avait tenu compte du fait que l’incube n’était pas à l’aise face à elle. Et évidemment, elle avait noté que son petit rapprochement l’avait rendu nerveux, tendu. Pas du tout au mieux de sa forme, c’était certain. Néanmoins, comme elle se tenait à un bon mètre, même si elle l’avait conservé dans un coin de sa tête, elle n’y avait pas prêté plus d’attention que nécessaire. Ce genre d’attitude aurait pu s’apparenter au fait que Christopher était peut-être encore puceau, mais elle en doutait. Il devait avoir environ 23/25 ans, et il était peu probable qu’il soit encore totalement étranger aux plaisirs de la chair. Que ça soit lorsqu’il était humain ou bien en devenant incube. Bon, elle portait un déshabillé en dentelles noires, un peu transparent par endroit, mais pas au point de le rendre aussi…coincé !? Elle n’était tout de même pas toute nue ! Elle devait avouer en son for intérieur que c’était agaçant de provoquer un tel comportement chez le sexe opposé. Elle avait la nette impression de provoquer une réelle répulsion chez son « élève » et ce n’était pas le sentiment qu’elle inspirait habituellement. Du coup, ça lui mettait un peu la puce à l’oreille… Mais autant y aller à fond, non ?

Il avait conscience de cela ? Très bien, au moins ils partaient sur de bonnes bases. N’était-ce pas la moindre des choses ? Le cas échéant, Chris se serait retrouvé dans une impasse, puisqu’elle l’aurait mis à la porte aussitôt. Absynthe était surprise qu’il lui accorde toute sa confiance, mais c’était rassurant dans un sens. Bon évidemment, Lucius y était pour pas mal. Il était à lui seul un digne représentant de sa façon d’enseigner l’art subtil de la séduction. Sa seule présence pouvait captiver toute une salle. De quoi impressionner !
Quant à répondre à ses exigences, elle ne pouvait le dire, seul le temps pourrait lui permettre d’apprécier le jeune incube à sa juste valeur. Il semblait déterminé, ce qui était une bonne chose. Il ne restait plus à espérer qu’il reste dans le même état d’esprit par la suite.

« Quant à mes exigences… Chaque chose en son temps ! » Répondit-elle tout simplement avant de se rapprocher de lui sans crier gare. Bien mal lui en prit…

Elle ne s’attendait pas tout à fait à ce genre de réaction. Quoi que…son attitude précédente l’avait un peu mise sur la voie. Mais pas au point de se voir « repousser » de la sorte. Elle l’avait observé tendu, nerveux, maladroit… Cependant, la peur avait soudainement pris toute la place. Il était crispé, totalement figé, absent de tout geste à son égard, comme s’il ne savait même pas où poser ses mains… Et son regard était… Il semblait réellement effrayé. Pourtant elle ne comptait pas en faire son quatre heure. Pourtant, il était si crispé qu’il semblait sur le point d’éclater. Réaction inattendue, c’est sûr, mais encore plus par la suite.
Sans qu’elle s’y attende, alors qu’elle effectuait un geste lent et lascive en effleurant sa mâchoire carrée, il brisa leur corps à corps si rapidement que si Absynthe avait été humaine, elle aurait trébuché avant de peut-être tomber au sol. Heureusement pour elle, la jeune femme était une succube et elle ne risquait pas de se retrouver dans une telle position. Etonnée au début par son éloignement si soudain, elle se reprit aussitôt lorsqu’elle sentit son poignet enserré dans la main du jeune homme. Elle porta son regard vers son poignet, comme pour s’assurer que ses sens ne lui jouaient pas des tours, puis elle fixa Chris dans les yeux, le mettant au défi de la lâcher expressément. Il avait réellement de la chance. Ce simple contact un peu trop brutal avait réveillé de vieux souvenirs difficiles et elle n’appréciait absolument pas cette sensation d’emprisonnement. Pourtant, elle était tout à fait capable de s’en défaire soit en l’envoyant valser à travers la pièce, soit en lui brisant le poignet –ou tout autre chose- avant qu’il n’ait pu dire « Pardon ! ».

Mais Chris avait réalisé très rapidement la portée de son geste, et l’avait lâché aussitôt. Pas besoin donc d’employer la force. Il avait baissé les yeux, confus, n’osant pas affronter son regard. Aby était partagée entre l’envie de lui mettre une raclée et celle d’écouter son instinct. La première option se révélait alléchante car elle lui en voulait. Oui, vraiment ! Non pas qu’il se soit esquivé, c’était plutôt étonnant, mais pas insupportable à vivre. Il y a pire quand même. Elle lui en voulait parce qu’il lui avait fait ressentir une sensation qu’elle n’avait plus connu depuis des siècles. Depuis qu’elle était devenue succube en fait. Cette impression d’être à la merci d’un homme, impuissante, avec pour seule échappatoire de céder à leurs caprices. Pourtant, Aby n’était plus impuissante depuis longtemps et plus aucun homme ne pouvait dicter sa conduite ou lui ordonner de faire quelque chose qu’elle ne voulait pas faire. En la transformant, Zéphyr l’avait sauvé de ces hommes cupides, vicieux et abjects qu’elle avait côtoyée en tant qu’humaine. Que Christopher ose l’emprisonner de sa poigne lui donnait envie de le rouer de coups pour qu’il ne recommence plus jamais. Elle voulait lui donner une bonne leçon mais… La deuxième option, son instinct, lui disait qu’elle ne devait pas s’emporter aussi vite. Pas pour si peu au fond, même si cela avait réveillé des instants difficiles pour elle. Elle avait capté la frayeur dans son regard, il aurait fallu être aveugle pour ne pas le remarquer. Absynthe avait l’intuition que ce soudain changement de comportement avait peut-être une origine qui n’avait sûrement rien à voir avec elle.

Lorsqu’il releva le visage, Aby le fixait, le visage fermé. Aucune émotion ne transparaissait, à part peut-être une lueur intense dans le regard, indéfinissable. On ne savait pas trop si elle allait le corriger ou bien si elle le mettait au défi de trouver une excuse valable. A moins qu’elle n’attende qu’un seul faux pas pour le renvoyer d’où il venait avec perte et fracas. Personnellement, elle trouvait son excuse un peu bidon. Il était évident qu’il y avait autre chose là-dessous. Mais elle avait peu d’indices sur ce que lui dissimulait le jeune homme. Effrayé par son contact, incapable de la toucher, de tenter le moindre geste tendre ou de séduction à son égard… A vrai dire, le terme exact était « tétanisé » par la peur. Pourtant elle ne l’avait pas brutalisé, encore moins maltraité. Serait-il possible qu’il ait été malmené par le passé ? Avait-il subi des sévices dans son enfance ? Ou bien par ses maîtres ? Mais Absynthe ne connaissait pas sa vie. Elle ne pouvait pas dire s’il avait été esclave ou pas avant de devenir incube. La plupart des vampires étaient d’une cruauté sans nom avec leurs esclaves…

Elle n’avait pas dit un mot. Elle le contemplait, lui terriblement mal à l’aise. La jeune femme le scrutait, comme si elle pouvait lire dans ses pensées, ce qui n’était pas le cas malheureusement. Son regard vert, perçant, ne quittait pas Chris des yeux.
Un test ? Tiens, il n’était peut-être pas si idiot que ça. Il le réalisait un peu tard quand même. Il s’était peut-être rendu compte au final qu’elle ne s’était pas ruée sur lui sans raison. Personnellement, elle les préférait avec un peu plus de charisme et d’assurance. En tout cas, il avait lamentablement échoué. C’était vraiment le pire des scénarios. A croire que Chris était un cas désespéré. Elle avait voulu le tester pour voir l’ampleur du travail… He bien l’ampleur de la tâche se révélait sans fin ! Une main sur une hanche, l’autre passée en travers de sa taille, elle fit une moue désapprobatrice avant de lui répondre.

« Un test ? Je ne sais pas, tu te donnerais combien ? » Fit-elle avec ironie. Il s’agissait plus d’une question rhétorique qu’autre chose. Elle n’avait vraiment pas envie qu’il lui réponde. Elle marqua un temps d’arrêt, agacée. « Effectivement ! Et vu ta réaction, tu t’imagines bien que le résultat est catastrophique. »

Elle le vit croiser ses bras sur son torse, signe évident de se protéger. Protéger d’elle ? Enfin quoi, elle n’avait rien fait de répréhensible et aux dernières nouvelles, il était majeur. Le problème venait donc de lui, et d’uniquement lui. Elle le sentait, s’il l’avait pu, il aurait mis encore plusieurs mètres de distance entre eux. Préférait-il les hommes ? Possible ! Mais de là à agir comme si elle avait voulu le violer, la réaction était un peu exagérée. On peut préférer les hommes, mais ne pas se comporter comme si on tentait d’abuser de vous… Quoi que… Peut-être que le terme « abuser » n’était pas si extravagant que ça… Son passé lui restait encore inconnu. Pour être honnête, Chris lui devait de meilleurs explications que ça car cela ne lui convenait pas du tout. De toute façon, elle ne comptait pas reculer pour lui laisser un peu plus d’espace. Autant prolonger un peu le test, même s’il avait échoué.

Elle comptait d’ailleurs prendre la parole, mais le jeune incube avait déjà repris le fil de la conversation. Elle s’abstint donc de tout commentaire. Visiblement, il était toujours un peu crispé. Elle haussa un sourcil quand elle entendit la suite. Il venait juste de changer de conversation ou elle hallucinait ? Tentait-il de reprendre contenance en faisant ça ? Ça semblait être le cas. Sauf qu’Aby n’en avait pas tout à fait fini avec lui. Néanmoins, elle allait pour le moment répondre à ses questions. Oui, son travail lui prenait une grande partie de son temps. Pourtant, Aby ne montait quasiment jamais sur scène. Peut-être une ou deux fois tous les deux ans, et encore… Ce n’était donc pas ça qui lui prenait tout son temps. Elle s’occupait beaucoup des danseuses, de leur entraînement, de la mise en scène du spectacle, des chorégraphies, des costumes de scène, de leur confort, de leur sécurité, mais aussi de leur obéissance et de leur ponctualité. Aby devait jongler aussi avec la sélection des nouvelles recrues et les former, voyager à droite et à gauche lorsque Zéphyr le lui demandait afin de contrôler les autres clubs qu’il possédait aux quatre coins de la planète, tout en passant du temps avec Zéphyr ou Logan… Et dans tout ça, elle devait aussi se donner du temps pour elle et la chasse. Pour ainsi dire, son emploi du temps était bien chargé, mais quand elle ne faisait rien, elle s’ennuyait bien vite. Elle préférait avoir l’esprit occupé plutôt qu’il ne vagabonde vers de sombres pensées.
Faire en fonction de ses horaires ? Un petit rictus apparut au coin de ses lèvres, qui disparut bien assez vite. En même temps, elle ne voyait pas comment faire autrement ? Mais il faut que les deux soient libres pour ça. Ce qui était intéressant d’observer, c’était qu’il était toujours motivé pour poursuivre son entraînement. C’était une bonne chose. Mais à vrai dire, ce n’est pas en la fuyant qu’il y arrivera. L’italienne appréciait son empressement à commencer au plus vite. D’ailleurs, elle n’était pas contre. Après tout, en acceptant de le former, elle faisait une croix sur ses rares moments de liberté. Au point où elle en était…
La suite ne fit que confirmer son impatience. Comment allait-elle procéder ? Un petit sourire naquit sur ses lèvres… Elle avait bien une petite idée… Mais seul Chris pouvait être le moteur de son évolution.

« Je n’ai que de rares moments de liberté, mais je sais dans quoi je m’engage lorsque je décide de former quelqu’un. Je ne suis pas libre en début de soirée. Trop de préparatifs et de détails à superviser avant les shows. Mais tu vas pouvoir commencer sans moi ton entraînement. Je vais te demander de venir le plus souvent possible aux Plaisirs Coupables et d’assister à plusieurs représentations de mes danseuses. Je veux que tu te sentes plus à l’aise en présence de femmes, surtout lorsqu’elles sont dénudées. »

Au moins, le message était clair, elle avait vu qu’il n’était pas à l’aise dans ce genre de situation et elle voulait l’habituer autant que possible à ce type de situation. En assistant aux shows des filles, il aurait déjà une première approche.

« Je suis libre les dimanches et les lundis ainsi qu’une heure après la dernière représentation les autres jours de la semaine. Lorsque le personnel est parti et que la salle est rangée et définitivement vide. A ce moment-là, tu peux me rejoindre ici, nous aurons tout notre temps pour ton entraînement. Je pourrais être seule ou bien accompagnée. Tout dépendra de la leçon du jour… Evidemment, il y aura de la théorie, mais on n’apprend rien sans pratiquer. Et tu vas souvent t’entraîner. Et pour cela, rien de mieux que les mises en situation. »

Elle lui laissa un peu de temps pour tout emmagasiner. Elle savait que ça n’allait pas être facile pour lui vu le premier essai non concluant.

« Tu t’entraîneras soit sur moi si je suis d’humeur, soit sur quelqu’un d’autre. Homme ou femme. L’entraînement se fera petit-à-petit, étape par étape, en suivant ton évolution. Le contact physique me semble…délicat pour toi. Il faudra donc travailler dessus. Que tu apprennes à te laisser toucher et que tu apprennes à me toucher aussi. Le toucher est une arme de séduction. Un simple effleurement, et tu le comprendras en temps voulu, peut tout faire basculer. Pour cela, il te faudra comprendre qui tu as en face de toi et dans quel contexte. Il faudra écouter ton instinct, réussir à percer à jour l’envie du moment. »

Elle restait à sa place, pour ne pas effarouché l’oisillon en face d’elle. Elle voulait toute son attention et non pas qu’il stresse et parte totalement angoissé, la queue entre les jambes. La première leçon avait déjà commencé, à Chris de prendre le train en marche…s’il en était capable.

« Lorsque tu seras face à ton objectif, tu dois te poser des questions. Observer est primordial au début. Je vois cet homme et là je me dis « Est-ce qu’il veut que je sois douce et sensuelle ? Sauvage et farouche ? Veut-il maîtriser la situation ou bien désire-t-il que je mène la danse ? ». C’est en observant ta proie que tu sauras comment t’y prendre… Idem pour le regard. Tu as de beaux yeux, mais tu ne sais pas t’en servir. Tu apprendras à jouer avec, à l’utiliser sur tes proies… Lorsque tu sauras enflammer une femme…ou un homme d’un simple regard, tu auras tout gagné. Encore mieux si ton regard parvient à déshabiller celui ou celle que tu as choisi au point qu’il se consume d’amour et de désir pour toi. Alors tu seras au même niveau que Lucius ou moi. Mais avant cela… Il y a beaucoup à faire je dois dire. » Finit-elle par dire, libérant un léger soupir. « Travailler ta confiance en toi te permettra d’avoir plus de prestance, qu’on te remarque un peu plus et que tu sois moins transparent. Après, un peu plus tard, lorsque je te sentirai prêt, je te mettrai dans de vraies conditions, avec de vraies proies à séduire et à me ramener, comme tu le ferais pour ton maître. »

Elle marqua une pause, le préparant à la suite. En espérant qu’il ne parte pas en courant.

« Enfin, ta formation s’achèvera… Mais pour cela, tu devras réussir la dernière épreuve. Cette dernière consistera à me séduire. Il faudra que tu mettes en pratique tout ce que je t’ai appris pour me captiver, faire preuve de charisme, d’assurance et de sensualité pour me faire tomber dans tes bras. Si tu y parviens…alors ta formation sera réussie et prendra fin. »  Dit-elle tout simplement, sachant très bien que la dernière épreuve n’était pas prête d’arriver.

Oui, il avait un physique avantageux mais… Elle fit un pas en arrière, puis sans le prévenir, commença à bouger lentement, en gardant un bon mètre de distance avec lui pour ne pas l’effrayer. Elle ne venait pas directement vers lui. En fait, elle était doucement en train de lui tourner autour, tout en l’observant attentivement, comme s’il s’agissait d’une œuvre d’art, d’une sculpture tout à fait intéressante qu’un critique d’art aurait détaillé à la loupe. Chris n’avait pas bougé de sa place. Tant mieux d’ailleurs car le test se poursuivait. Peu importe qu’il ait échoué un peu plus tôt.


« Qu’ai-je devant moi ? Je vais être franche avec toi ! Je vois un bel homme, mais il ne me captive pas, je vois de beaux yeux, mais ils ne m’ensorcèlent pas, un corps bien sculpté, mais il ne fascine pas… »

Elle savait que ses propos étaient durs et pour être honnête, on lui aurait sorti un discours pareil, elle aurait arraché la tête de l’impertinent. Mais Absynthe savait que lui et elle ne jouaient pas dans la même catégorie. Du moins, pour le moment. Qui sait si Chris ne deviendrait pas un homme désirable et séduisant ? Non pas que Chris n’était pas un homme charmant, mais pas dans le sens que l’entend les gens de leur espèce. Les semaines, voire les mois de formation devrait lui permettre d’explorer et de mettre en valeur son potentiel. En espérant qu’elle ne perde pas son temps pour rien évidemment.

Elle avait repris sa place initiale, en face de lui, toujours en gardant un mètre de sécurité.

« Lorsque tu rentreras dans une pièce, n’importe où, je veux que seule ta présence attire tous les regards. Je veux que tu dégages une aura, un charisme, un sex-appeal qui mettra les hommes et les femmes, qu’ils soient tes proies ou pas, à tes genoux. Une personne de notre espèce sait faire cela comme bon lui semble…»

Elle croisa les bras sur sa poitrine, fixant Chris sans ciller.

« Voilà comment je compte organiser ta formation et notre objectif… Mais avant ça, je crois qu’une petite conversation s’impose… » Fit-elle devenant plus grave.

Aby s’avança d’un pas. Seulement d’un pas. Chris allait lui devoir quelques explications. Absynthe n’oubliait pas les choses si facilement.

« Ecoute, je sais déjà, au vu de ta réaction un peu plus tôt, que ça ne va pas être évident pour toi. Néanmoins, pour le bien de ta formation, tu devras surmonter ce qui te fait si peur. »

Elle marqua à nouveau un temps d’arrêt, puis se lança enfin. Après tout, ne fallait-il pas être franc ? La succube était de cette trempe, elle ne comptait pas changer de ligne de conduite.

« J’ai la nette impression que je te révulse ! Alors soit je ne suis pas à ton goût, et c’est tout à fait possible et je ne vais pas m’en formaliser. » Ce n’est pas très plaisant et limite vexant, mais après tout, ça peut arriver pensa-t-elle pour elle-même. « Après tout, on ne peut pas plaire à tout le monde,… Soit tu as un passé lourd dont tu n’arrives pas à te détacher. Ainsi, pour que ta formation et notre entente se passe au mieux, je préfèrerai que tu m’en touches un mot ou deux pour que je comprenne ce qui ne va pas, et instaurer certaines limites que je ne devrais pas dépasser…au début tout du moins. Dans tous les cas… » Et là, son ton et son regard se durcirent instantanément. Elle ne plaisantait pas le moins du monde à cet instant.  « Je t’interdis de reposer la main sur moi de la sorte, sans que je t’y autorise. »

L’atmosphère était devenue électrique. Absynthe ne supportait pas qu’un homme la touche sans son accord. Elle avait elle aussi un passé lourd. Lorsqu’elle était encore humaine, elle s’était prostituée. Et pas de gaieté de cœur ! De toute façon, qui se prostituait pour le plaisir ? Personne à sa connaissance. Elle avait connu des hommes doux, mais aussi des hommes violents, qui prenaient leur pied en étant sadiques. Certains ne trouvaient du plaisir qu’en donnant des coups à leur partenaire ou en se montrant un peu trop brutaux. Que Christopher ose poser la main sur elle, enserre son poignet aussi vivement, sans qu’elle ne s’y attende et donc le veuille, l’avait prise de court. Aby posait des limites en temps voulu ! He bien il était temps d’en imposer à cet instant précis. Qu’il ne recommence pas, sinon elle risquerait de se montrer beaucoup moins magnanime à l’avenir. Le message étant passé, elle se radoucit, pour reprendre la suite de son discours. Elle ne lui voulait pas de mal, elle voulait juste lui faire comprendre que certaines choses étaient à prohiber à l’avenir. Apaisée, elle reprit calmement la discussion, prouvant au jeune incube qu’elle ne comptait pas l’écharper mais qu’au contraire, elle cherchait juste à comprendre ce qui n’allait pas.

« Alors dis-moi ce qui ne va pas afin qu’on puisse avancer dans ton entraînement. Je ne pourrais rien faire si je n’ai pas au moins quelques précisions sur ce qui te bloque et son origine. Evidemment, ta vie est privée et ne me regarde pas. Je ne te demande pas de tout me dire dans les détails, juste quelques…éclaircissements. Il faut savoir imposer ses limites. Je viens de t’imposer une des miennes, alors soit honnête avec moi. Je t’ai dit que si besoin, tu pouvais me parler de tes difficultés… Je ne pensais pas qu’elles apparaitraient aussi vite, mais… Je ne suis pas là pour juger, mais pour te former et faire de toi un véritable incube. Prouve-moi que c’est ce que tu souhaites et que je ne me trompe pas en te prenant sous mon aile! »

La vie de Christopher ne la regardait pas. Elle ne voulait pas courir après les détails. Elle-même ne révélait rien sur son passé. Mais certaines informations pourraient aider Absynthe à le former convenablement, sans le braquer au début et l’aider ensuite à vaincre son « problème ». Autant y aller par étape et ne pas trop le brusquer dès le départ. Alors s'il  lui faisait quelques confidences, cela lui permettrait peut-être de percer l’abcès et qui sait, de lui faciliter son apprentissage. Absynthe pourrait mettre en place quelques techniques pour le faire avancer doucement et l'encourager à progresser sans qu'il ne se sente agressé.


HS:
 

✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤


You’ll know when it starts you’ll feel it
You’ll stay awake at night thinking about me
Wondering if I am thinking of you.
You’ll think about the way my body moves my skin, my touch,
You’ll never sleep again
You’ll follow my scent
You’ll become mine
I will tattoo your heart

✤ ✤ ✤ ✤ ✤
I hope you don't mind, I hope you don't mind
That I put down in words
How wonderful life is while you're in the world



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