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 JEWEL ♦ Le mariage est la mort morale de toute indépendance.

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MessageSujet: JEWEL ♦ Le mariage est la mort morale de toute indépendance.    Sam 21 Déc - 16:22


☇ Jewel Shawn Harrington
“ If you are going through hell, keep going. ”

☇ WE NEED BLOOD TO
SURVIVE (prince)
FEAT. Jamie Dornan
PRENOM(S) & NOM : Jewel Shawn Harrington
SURNOM : le Prince ou le Dauphin
DATE & LIEU DE NAISSANCE : à Belfast le 26/07/610
AGE : 1402 ans.
MÉTIER : juge des affaires civiles, autrement dit, je m'occupe des vampires qui ne respecteraient pas le secret de notre existence et éveilleraient des soupçons chez les humains mais je suis aussi chef des armées, une responsabilité donnée par mon père.
STATUT : fiancé depuis deux siècles avec la cousine des Bridgestone que je n'ai absolument jamais vu de ma vie et j'essaie de bien le vivre
ORIENTATION SEXUELLE : hétérosexuel
CARACTÈRE : tolérant, têtu, tenace, souriant, solitaire, indépendant, aimable, sérieux, soucieux, droit, franc, ferme, tranchant, rigoureux, justicier, mystérieux, manipulateur, observateur, juste, sincère, responsable, intelligent, réfléchi, caractériel, indépendant, fougueux, sauvage, imprévisible, autoritaire, impatient, orgueilleux, impressionnant, honnête, fidèle, fiable, fier, dynamique, empathique, froid.

☇ LE QUESTIONNAIRE HEARTKILLIEN
▬ comment considérez-vous la famille Bridgestone ? avez-vous une relation spéciale avec eux ?

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▬ que pensez-vous de la condition des esclaves/humains sur l'ile ? pour ou contre leur traitement ?

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▬ comment trouvez-vous heartkiller ? la ville en elle-même, son organisation, son climat, ses habitants.... ?

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▬ avant d'arriver sur HK, quelle était votre opinion sur les rumeurs englobant le triangle des bermudes ?

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▬ craignez-vous la furie des derniers levinson ? d'ailleurs, qu'évoque pour vous la chute du roi allan levinson ?

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▬ et enfin, question piège, que pensez-vous des adminettes ? Qui est la plus folle ? La plus sexy ? La plus chieuse ? dites-nous tout...

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PRÉNOM/SURNOM : Hot-Dog xD Enfin Rozette Bichonette
AGE : 15 423 577 ans et des poussières What a Face
SEXE : féminin
COMMENT AVEZ VOUS CONNU LE FORUM? : moi-même parce que j'ai déjà deux comptes ici xD
ET COMMENT TU LE TROUVES? merveilleux et un poil fou ^^
EST-CE QUE VOUS SOUHAITEZ ETRE PARRAINE ? non, je suis déjà parrain xD
PEUT-ON ON FAIRE UN PREDEFINI DE VOTRE PERSO. SI VOUS ETES SUPPRIME ? NON
CODE RÈGLEMENT : OK par moi-même

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MessageSujet: Re: JEWEL ♦ Le mariage est la mort morale de toute indépendance.    Sam 21 Déc - 16:23


☇ VOTRE HISTOIRE
“UNE PETITE CITATION COURTE ICI POUR FAIRE ZOLI ”



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▲ CHAPTER ONE
«  if you are a nightingale in a golden cage ... »

1016. Allongé dans l’herbe épaisse de la forêt, les sens en éveil, je fermai les yeux pour profiter de cet instant de paix trop rare à mon goût. Depuis toujours, même enfant, je m’étais toujours senti harnaché, dompté, comme un lion en cage. Mes parents ainsi que mes obligations politiques exerçaient une pression constante sur mes épaules. Pourtant, alors que d’autres se seraient déjà rebellés, moi je restai à ma place. Demeurant aussi obéissant et docile envers mon père que ma nature me le permettait. J’étais presque – je dis bien presque - un enfant modèle, celui qui reprendrait son trône plus tard. Je me devais d’être aussi irréprochable que notre monarchie. A son image je dirais même : froid mais généreux quand il le fallait, tranchant et droit mais clément, proche du peuple anglais mais à la fois distant et mystérieux, une personne toute en antithèse. Quelqu’un qu’on ne pourrait jamais cerner ou pas intégralement et qui serait aimé des vampires anglais mais aussi craint et respecté.

Aussi, face à cette montagne de règles et de principes, il arrivait parfois – même souvent – que je m’isole pour me retrouver et être au calme, une chose dure à trouver au château. Constamment entouré par des esclaves, des gardes et des conseillers qui vous accaparent toute la sainte journée, je n’étais jamais libre. Contrairement à ce qu’on peut penser d’un prince, ma vie n’était pas si passionnante que cela… Certes j’étais entouré d’or, de pierres précieuses, je vivais dans un immense château de la taille de Versailles, mais en contrepartie j’étais aux ordres de mon père, Calvin Harrington, le Roi d’Angleterre, de la plus brillante monarchie, presque la plus ancienne après la Roumanie et surtout une des plus admirées pour son organisation. Une organisation très ferme et autoritaire. Cependant, même si parfois je me sentais oppressé par cette sévérité, je savais qu’au fond mon caractère s’était forgé dans ce moule, moi aussi j’étais comme mon père, quelqu’un qui agissait avec sa raison plutôt qu’avec son cœur même si j’avais pris le côté novateur de ma mère, beaucoup moins conservatrice et attachée aux anciens principes.

Ainsi, pour moi la forêt était un refuge. Depuis tout petit je courrai entre les arbres à la recherche ou non d’une proie. C’est ici que j’avais appris à manier l’épée et l’arc avec mon oncle comme modèle, et c’est aussi à force d’avoir fréquenté cette nature sauvage que j’étais devenu aussi fougueux et incontrôlable. Un côté de ma personnalité qui ne plaisait guère à mon père et que j’apprenais à contenir face à lui.
En effet, Calvin était un vampire qui aimait être maître de tout. Il voulait que tout soit exécuté selon ses ordres, personne ne devait prendre des initiatives sans lui en parler auparavant, et toutes ces règles s’appliquaient aussi bien à ses esclaves qu’à ses enfants. J’avais été éduqué comme à l’armée. Au début, cet apprentissage du parfait futur roi ne m’avait pas vraiment dérangé. Je me rangeais toujours du côté de mes parents, sachant qu’ils étaient bons et justes et je n’osais certainement pas les contredire même s’ils pouvaient avoir tord. Puis, avec le temps j’avais finalement décidé de rompre cette image du parfait fils à papa. Je voulais être moi. Sans pour autant faire tout le contraire de mes parents, j’osais un peu plus leur dire ce que je pensais quitte à ce qu’ils le prennent mal. Je n’avais pas l’intention d’être un mouton. Mes précepteurs me l’avaient toujours dit, un Prince ne doit jamais faire comme tout le monde et se laisser manipuler. Bon, j’avais peut-être un peu retourné ce conseil à ma sauce mais dans le fond si je n’étais pas le pantin du peuple, je ne serais sûrement pas celui de mes parents. Certes, je leur obéissais toujours, j’étais poli, cordial, soucieux et responsable mais certaines fois je pouvais leur parler franchement. J’étais indépendant, c’est ce qui faisait peur à mon père… Il craignait une rébellion ou quelque chose de la sorte, ce qui n’arriverait pourtant jamais soit dit en passant. Parfois il semblait interpréter tous mes gestes de façon négative et je savais pertinemment que cela allait me coûter le trône, mais dans un sens ce n’était pas ça qui allait me faire courber l’échine. Ce que j’appréhendais c’est qu’il rabatte tous ses espoirs sur ma sœur jumelle, mon double, Jézabel. J’avais peur pour elle, peur qu’elle devienne son instrument et qu’il en fasse ce qu’il veut selon son bon plaisir. Elle était une partie de moi et je ne voulais pas la sentir malheureuse et emprisonnée par le titre royal que mon père lui ferait porter comme un poids. Elle n’osait jamais s’opposer à lui, elle avait peur de faire quelque chose de mal en lui parlant fermement, donc elle s’aplatissait tout le temps pourtant je savais que ce n’était pas dans sa nature d’être aussi docile… Ainsi, je gardais sans arrêt un œil sur elle, j’étais toujours là au cas où un jour elle ait besoin de se confier. C’était ma jumelle, on fonctionnait ensemble depuis tout petits, pas question que je la laisse supporter seule le caractère dominant de notre paternel.

Je relevai subitement la tête. Des bruits de sabots se firent entendre. Au loin, on pouvait percevoir des craquements de  branches se rapprocher. Le cri d’un loup puis la cavale de plusieurs cerfs. La forêt  s’activait bruyamment. Les animaux étaient effrayés, je pouvais le sentir. Pour ma part, je restai stoïque. Je savais d’où provenait cette soudaine agitation. Des carrosses arrivaient de toute part de la forêt. Avec un sourire ironique, je me relevai prestement. Ce soir, il y avait une soirée toute spéciale au château familial. On célébrait les fiançailles de ma sœur cadette avec le tsar de Russie, un des plus puissants monarques. Une alliance prestigieuse qui allait compter pour notre futur. D’ailleurs, il ne valait mieux pas que j’arrive en retard, cela donnerait une mauvaise image de la famille royale.
Remettant la sangle à mon cheval qui broutait paisiblement depuis tout à l’heure, je remontai en selle et galopai tout droit en direction du château. A peine sorti de la forêt, j’entendis d’autres montures me suivre de près. Je savais qui étaient ces pisteurs et rien que le fait de les savoir sur mes talons m’énervait profondément. Il ne s’agissait pas de personnes dangereuses, non bien au contraire, ils étaient plus du genre collant et protecteur. Fatigué par leur présence, je fis volte face pour me retrouver devant trois cavaliers, des vampires et surtout de fidèles sujets de mon père. « Partez… maintenant. » Ce n’était certes pas très poli, mais j’avais une sainte horreur que les larbins de mon père me suivent à la trace pour surveiller mes moindres faits et gestes. C’était humiliant, rabaissant. Comme si je n’étais pas assez grand pour me débrouiller, il fallait que j’ai trois nourrices derrière mon dos.
Voyant qu’ils hésitaient à partir ailleurs, je décidai de me faire plus autoritaire. Je n’étais pas leur ami, encore moins un enfant, je ne supporterais pas longtemps qu’on me tienne tête. « Il y a quelque chose dans le mot ‘partez’ que vous ne saisissez pas ? » L’un des trois hommes s’avança alors, tremblant légèrement. « Mais votre père… » « Oui, mon père, mais moi je te dis de me laisser seul, tu oserais me contredire ? » Il parlait trop pour ne rien dire, ça m’exaspérait et je n’avais pas de temps à perdre. Le toisant du regard, il recula résigné et fit signe à ses deux collègues de le suivre. Décidément, même lorsqu’on voulait s’isoler en secret, il y en avait toujours pour venir faire couler tous vos plans. Ce n’était pourtant pas la première fois que mon père s’obstinait à me faire suivre, à vrai dire il le faisait constamment quand je décidai de partir seul. Et c’était sérieusement pénible. Enfin. Une chance pour lui que dans un élan d’agressivité je n’ai encore jamais démembré un de ses serviteurs un peu trop collants… Pourtant ce n’était pas l’envie qui m’en manquait, juste que je n’étais pas un barbare, je savais contenir ma haine.

De retour au château, je m’étais immédiatement dirigé vers ma chambre pour ne pas perdre une minute. Je devais me vêtir en vitesse pour rejoindre la salle de réception dans les premiers étant donné que j’étais un des hôtes. Je fis donc appeler plusieurs esclaves qui vinrent aussitôt les bras chargés de vêtements. En quelques minutes à peine, j’étais redevenu le Prince Jewel Shawn Harrington et non le chasseur vagabond. Sur mes épaules pesait un lourd manteau en fourrure que l’une des esclaves continuait d’ajuster pour que tout soit parfait. Toutefois, alors qu’elle finissait son travail, j’entendis brusquement la porte de ma chambre s’ouvrir en grand. Reconnaissant parfaitement l’odeur corporelle de mon visiteur j’adressai un sourire à l’humaine en lui disant que je finirais seul de m’habiller. J’aimais bien mes esclaves, je l’ai connaissais absolument tous même s’il en arrivait de nouveaux chaque jour. Aussi, puisque je les traitai dignement ils savaient se montrer tous plus ou moins reconnaissants en prenant leur travail très à cœur. J’étais loin d’être sadique et sans scrupule. Si on était droit avec moi, alors je n’avais aucune raison de m’énerver. En revanche, si on me désobéissait c’était la mort assurée, je n’allais pas chercher plus loin avec les humains. Je n’étais pas non plus pervers, aucune esclave n’était jamais venue dans mon lit et ce n’était pas prêt d’arriver. Certes, j’étais toujours très affable avec mes esclaves féminines plus qu’avec les hommes mais cela ne signifiait absolument rien, c’était de la pure courtoisie, d’ailleurs je déconseillai à l’une d’elles de s’approcher un peu trop de moi en dehors du cadre professionnel. J’étais un vampire né comme tel, les humains n’étaient qu’une marchandise à mes yeux.

Aussi, lorsque mon esclave disparue complètement de la pièce, je détournai mon regard vers mon invité surprise. Ce dernier semblant affolé, commença par entrer dans la chambre comme chez lui pour aller s’installer dans un fauteuil en cuir sans que je le quitte des yeux. « Jewel, mon frère, que penses-tu de cette union ? Je n’aime pas le tsar il est trop impulsif et dangereux, Alyson ne sera jamais heureuse auprès de lui… » Sans daigner répondre à sa question, je me calai le dos contre la fenêtre, le regard noir fixé sur la silhouette de mon frère cadet, ou plutôt demi-frère étant donné que nous n’avions pas le même père. Puis, brisant le silence, je sifflai entre mes dents. « Mais dis-moi, qui t’as donné l’autorisation de pénétrer dans ma chambre sans mon accord, Duc ? » Ce n’était certainement pas la réponse qu’il attendait mais qu’importe. Je n’aimais pas que mon demi-frère, un bâtard comme l’appelait les commères – ce que je ne me permettais pas de faire toutefois – se prenne le droit de s’immiscer chez moi sans une autorisation de ma part. Certes, je l’aimais beaucoup mais il ne fallait pas abuser de ma gentillesse. Jézabel avait le droit de venir quand elle voulait, mais pas les autres. Oui, j’aimais bien rappeler ma supériorité, mais en même  temps depuis toujours moi et ma sœur étions les enfants prodigues de l’Angleterre, pas étonnant que parfois lorsqu’on était énervés, on puisse devenir agressifs avec les enfants dit « impurs » de la famille. Ceux dont les deux parents n’étaient pas le Roi et la Reine. Autrement dit, ceux qui étaient nés des relations incestueuses de notre mère. En effet, notre rôle d’enfants légitimes nous montait parfois à la tête sans qu’on s’en aperçoive réellement.

« Personne, Jewel, personne. Je m’excuse et je vais m’en aller tout de suite. Sache juste que la réception va bientôt débuter, père m’a dit de te prévenir. » Le regardant tourner les talons dépité, je levais les yeux au ciel. Cette fois, j’avais peut-être été un peu trop tranchant. Pour me rattraper, je rappelai mon frère près de moi pour aborder le sujet de discussion qui le tourmentait en espérant qu’il pardonne une fois de plus mon emportement.  

Une fois dans la salle, après avoir dû procéder à toute une parade pour annoncer un par un les membres de la famille royale ainsi que les invités, je rejoignais mon père, un verre de sang à la main. En chemin, je sentais les regards de plusieurs membres de la gente féminine posés sur moi. A vrai dire cette attention m’amusait plus qu’autre chose. Cependant, lorsque c’était trop, ça avait aussi tendance à me mettre mal à l’aise mais bien sûr personne ne s’en rendait compte, je savais parfaitement cacher ce que je ressentais, c’était même un don, j’excellai dans cet art tout comme Jézabel d’ailleurs. « Où étais-tu passé ? » lâcha froidement mon père. Sans perdre de mon assurance, je pris une gorgée de sang avant de répliquer froidement, le regard fixé sur la foule. « Demandez à vos gardes père, ils doivent le savoir puisqu’ils m’ont suivi. » Laissant échapper un bref grognement de mécontentement, il changea subitement de conversation pour en venir aux fiançailles d’Alyson. Toutefois, pour mon plus grand soulagement, Jézabel vint nous rejoindre. La connaissant, elle avait dû faire exprès pour venir me libérer. C’est donc sans perdre un instant que je l’invitai à danser. C’était une sorte de rituel, à chaque bal on se réservait toujours une danse. C’était l’occasion de se retrouver au milieu de tous ces inconnus et aussi de s’amuser au moins une fois dans cette soirée et entre tous ces politiciens coincés. Cependant, alors que je prenais la main de ma sœur, mon père s’empressa de me rappeler à mon devoir. « Après votre danse, n’oublie pas d’aller inviter la sœur de notre invité, elle sera ravie ».


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▲ CHAPTER TWO
«  il vaut parfois mieux écouter sa conscience que son cœur. reste qu’il est difficile de mettre de côté ses sentiments.  »

1385. J’étais essoufflé. Toute la nuit sans aucune pause, nous étions partis à plusieurs pour poursuivre un vampire hors-la-loi. Ce dernier devenait chaque jour de plus en plus dangereux pour notre communauté. Il nous exposait sans aucun scrupule aux yeux des humains. Il tuait des innocents par vingtaine et ne s’embêtait pas à cacher les corps, il les laissait choir sur le sol devant tout le monde avec deux trous nichés dans le cou. Etant juge des affaires civiles, sa condamnation dépendait de ma juridiction. Aussi, puisqu’à ce jour encore aucun garde n’était arrivé à le capturer - en effet il n’était peut-être pas soigneux mais en revanche il courrait très vite – j’avais pris l’initiative de partir à la chasse avec d’autres vampires de la noblesse. Nous avions donc procédé au même divertissement que les humains, hormis que nous, nous ne courions pas après un sanglier mais après un vampire. Ce dernier n’avait d’ailleurs pas pu nous semer bien longtemps. En quelques heures, nous avions retrouvé sa trace et l’avions capturé. J’avais même pris un plaisir incommensurable à mettre des chaînes en argent autour de son corps pour le dissuader de bouger.

Aussi, ayant extrêmement chaud suite à cette course effrénée, j’entrais d’un pas morne dans ma chambre, fis un signe de tête en guise de ‘bonjour’ à toutes les personnes que je croisais, esclave comme vampire. Accablé par la chaleur, j’enlevai l’une des couches de vêtement que j’avais sur le dos pour ne garder qu’un pull léger lançant le reste sur le canapé rouge en velours. Je m’asseyais alors à mon bureau pour trier les lettres que j’avais reçues en mon absence. Autrement dit une montagne de courrier. Lisant en diagonale les messages, je finis par les laisser là où je les avais trouvées préférant en fin de compte aller me prendre un bain. En réalité, je n’avais pas le cœur à lire quoi que ce soit. Je n’arrivais pas à me concentrer, quelque chose de plus important hantait mes pensées. Ma sœur, enfin ma demi-sœur, Alyson.
Installé dans mon bain je regardai les gravures du plafond qui représentait une scène de combat entre deux clans – ces deux clans étant en réalité la famille Harrington et la famille Windsor lors de la course au trône en l’an 312. Depuis son mariage avec le tsar les choses avaient beaucoup changées… malheureusement. Devenu assoiffé de pouvoir, le mari de ma sœur, Serguei Ivashkov, s’était mis au fil des années à annexer les autres pays. Pire encore – et c’est ça qui nous mettait vraiment en colère – il maltraitait ma demi-sœur. Un sacrilège qu’il allait payer fermement. Nous ne laisserions pas cela passer. Qu’on s’en prenne aux autres pays c’était un fait, mais qu’on fasse du  mal à un membre de la famille Harrington nous prenions cela comme une attaque personnelle. D’ailleurs dans une heure à peine, je devais me rendre dans la salle du conseil, la plus majestueuse pièce du château après la salle des banquets. Tous les représentants des pays aller venir pour mettre au point un plan afin de détrôner ce pseudo ‘tsar’ qui pour nous n’en était plus un. Toute l’Europe allait être présente. Le Royaume de France, l’Empire Allemand, L’Italie, L’Espagne, L’Autriche, Les pays Nordiques, La Roumanie. Bref. Absolument toute l’Europe.
M’immergeant la tête sous l’eau, je sentais que cette conférence allait encore être éprouvante. Il faudrait sûrement des heures pour mettre tout le monde d’accord et rien que d’y penser ça me mettait un mal de crâne effroyable. Depuis peu, mon père m’avait confié le commandement des armées. Ne croyez pas que c’était un acte de générosité de la part de mon paternel, aucunement. Il s’agissait plutôt d’une compensation ou quelque chose du genre. Mon père avait définitivement proclamé Jézabel comme successeur officiel au trône, alors pour ne pas me déshériter complètement il m’avait chargé des armées afin que j’épaule ma sœur dans les affaires de guerre, les stratégies militaires n’étant pas quelque chose de féminin dans notre société, il ne voulait pas que Jézabel s’en occupe et à vrai  dire moi aussi ça me rassurait. Je n’avais pas envie de perdre ma sœur dans un combat…

Je levai les yeux vers la pendule en marbre. Plus que quinze minutes avant l’ouverture du conseil. Me levant de mon bain, je partais m’habiller endossant les plus beaux vêtements de mon dressing. Rencontrer et inviter les autres Rois et Reines n’était pas seulement une occasion pour parler, il s’agissait aussi de montrer la puissance de notre pays, nos richesses et notre éducation modèle. Hors de question donc que je me présente face à eux comme un miséreux. Le visage fermé, je quittai ma chambre avant de me retourner vers l’un de mes esclaves, le plus ancien que je possédais. « N’oublie pas de nettoyer ma chambre, Edwin » « C’est déjà fait mon Prince. » Le fixant avec insistance, j’observai ensuite la pièce avec dédain pour finalement lâcher un bref : « Alors recommence. » Je m’aimais pas qu’on me réponde et j’étais aussi très pointilleux, j’appréciais le travail bien fait… A croire que mon esclave ne l’avait pas encore compris. Dommage pour lui, il ne savait pas à quoi il s’exposait.

♦♦♦
Assis à l’extrémité de la table en chêne massif depuis plus d’une heure, je faisais glisser ma plume entre mes doigts écoutant attentivement en parallèle les diverses réponses qui fusaient entre les souverains européens. Dans ma tête, je prenais des notes. Depuis le début de la réunion ils étaient tous en désaccord certains s’indignaient qu’on les mette de côté, d’autres prenaient constamment la parole pour ne rien dire, Aleck I. L. Moldavan le nouveau roi de Roumanie ne disait rien, il restait muet toutefois je me doutais qu’il avait aussi son opinion sur cet échange de propos qui ne servait à rien. Son mutisme était certainement dû à son inexpérience des conseils, et aussi au fait qu’il n’était pas à l’époque un pays très fort. Le changement de roi avait pas mal divisé le pays et l’économie était en plein chantier de même que la justice. Tout l’inverse de l’Angleterre qui quant à elle demeurait le pays le plus puissant d’Europe – mais il l’est toujours soit-dit en passant.
Dépité par toute cette dispersion qui ne faisait que nous retarder je laissai tomber ma plume dans l’encrier dans un cliquetis étouffé. Tous se retournèrent vers moi dans un même mouvement, se taisant enfin. L’Angleterre possédait la plus puissante armée de toute l’attablée pas étonnant donc que les dirigeants fassent attention à tous mes mouvements pour tenter d’interpréter mon comportement. Ils étaient dans un sens quelque peu dépendant de notre pays, si nous n’entrions pas en guerre ils ne feraient pas le poids… La Russie était en pleine expansion, dans sa meilleure période. Enfin, brisant le silence, Aleck décida de prendre pour la première fois la parole. « Et vous Jewel, quel serait votre plan d’action ? » Je savais en regardant cette lueur conquérante dans ses yeux que le petit Roi de Roumanie n’était pas aussi inoffensif qu’il le laissait bien paraître… Il avait de la suite dans les idées, il pourrait être un allié précieux comme un ennemi dangereux. Je préférais me méfier de ce type de personne, on ne savait jamais ce qu’il nous réservait. « Et bien déjà, à nous tous, combien d’hommes disposons-nous ? »  « Plus qu’il n’en faut, beaucoup plus que l’Empire Russe. » « Bien. Et le tsar, mon charmant beau-frère, est-il au courant de cette réunion ? » Bien entendu, notre ‘sommet’ devait rester secret, personne n’était sensé ébruiter la nouvelle, toutefois je faisais toujours attention à mon entourage et je voulais m’assurer qu’il n’y avait aucun traître dans nos rangs. Si je voyais un visage se décomposer suite à cette question j’en saurais averti immédiatement, hors ils restèrent tous plus ou moins impassibles, un problème de moins à régler. Quant à la référence au lien matrimonial qui nous unissait c’était simplement pour rappeler aux autres pays que je n’étais pas prêt de pardonner à ce monstre ce qu’il faisait subir à ma sœur et que tout cela se règlerait à sa mort. Dans ces circonstances, je n’avais même pas envie de faire les choses dans la dentelle, il le paierait, point.


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▲ CHAPTER THREE
«  si tu te sens perdu fais toi tout petit pour retrouver ta voie   »

1812. La fléchette se planta directement dans la tête de l’ennemi. Entre les deux yeux. Prenant de la distance, j’observai le tableau du feu roi Levinson avec un trou dans le crâne. J’esquissai un bref sourire. Depuis la chute de ce tyran nous avions fait faire de nombreux portraits de lui, des centaines. Pas par sympathie, encore moins par nostalgie, juste pour se défouler dessus avec un jeu de fléchettes lorsqu’on serait énervés. La tête de Levinson était en quelle sorte notre punching ball. Certes il était mort, nous devrions être heureux, apaisés et l’avoir oublié, mais non. Ce vautour avait tué un de nos frères, Gaël, et pour ça Allan resterait à jamais un ennemi, même mort nous penseront toujours à lui. Nous avions même pris plaisir par vengeance à tuer tous ses enfants. Jézabel et moi avions fait le ménage. Toute cette pourriture était partie en enfer et c’était tant mieux si vous voulez mon avis. Après le tsar de Russie, le roi d’Amérique, décidément on ne serait jamais tranquilles….

Avec un regard noir, je partis récupérer les flèches pour ensuite les relancer une énième fois. Aujourd’hui j’étais dans un mauvais jour, pour me calmer un peu les nerfs j’avais donc sorti un ‘tableau Levinson’. Trois jours qu’un petit malin égorgeait mes esclaves. Trois jours que j’attendais impatiemment que les gardes fassent leur travail et le retrouve. Cela ne paraissait pas beaucoup mais pour moi trois jours représentaient tout de même un large espace de temps. J’avais l’habitude qu’on me serve vite et bien, si ces gardes n’étaient pas capables, je les ferais remplacer.
Une flèche dans la main gauche et un verre d’A- dans la main droite, je m’apprêtai à faire un centième trou dans la tête à mon bon ami lorsqu’un esclave entra dans le salon. « Une lettre pour vous Prince. » Surpris, je lui adressai un bref signe de tête distrait pour le remercier et baissai ensuite les yeux vers l’enveloppe. La retournant plusieurs fois dans mes mains pour voir d’où elle venait je compris en voyant le symbole de notre ‘police vampirique’ qu’il s’agissait d’une mauvaise nouvelle. Encore un problème avec un vampire… Il se multipliait en ce moment et je n’aimais pas ça. Par obligation, je lus quand même ce qui était écrit en pensant régler ce souci plus tard. Toutefois, je n’eus même pas la tête à lire jusqu’à la fin lorsque que mes yeux se posèrent sur la phrase écrite en gros caractères : « Nous sommes désolés de vous annoncer que votre ami Davon Lockwood est malheureusement décédé. Suite à un conflit l’opposant au fugitif Blackwood… » Pas la peine d’en lire plus pour comprendre. Blackwood… Depuis plusieurs années mon père le faisait chercher, il avait commis un crime puni de mort en tuant son créateur. Il était pourtant un ami à moi. Etait, je dis bien.
Finalement, ma famille avait raison, on ne peut pas racheter les criminels, une fois qu’ils ont tué, ils ne s’arrêtent plus, c’est frénétique. Son créateur, maintenant mon ancien amiral, un ami qui m’avait une fois sauvé la vie… ce Blakwood était un monstre. Le bûcher, c’était tout ce qu’il lui fallait. Même mieux, un séjour en plein soleil et peut importe le temps qu’il mettrait pour cramer ! Ce sale traitre se fichait royalement de la monarchie, hors de question qu’il continue à vivre. Ma patience avait des limites, il venait de les franchir. Peu importe qu’il fut un ami autrefois, c’était un homme mort dorénavant, un étranger égal aux autres criminels. Quand on me faisait un mauvais coup inutile d’essayer de se racheter, je ne redonnais pas ma confiance, une fois perdue, elle est perdue tant pis pour ce qu’il allait arriver à l’autre personne, ce n’est plus mon problème.
Sentant la rage peu à peu grandir au fond de moi, je mis la lettre dans ma poche et me dirigeait en vitesse vers la salle du conseil. Je savais que ma sœur s’y trouvait, elle était sûrement en train de parler politique mais elle me pardonnerait si je venais l’interrompre. L’affaire de mon père était passée d’orange à rouge, ça allait devenir un de mes dossiers privilégiés, le plus urgent. Maintenant que je pouvais m’en occuper car il me concernait, les jours du petit Blackwood étaient comptés.

Ouvrant la lourde porte en bois de la grande salle avec détermination, le visage fermé, je marchais droit vers ma sœur qui s’arrêta de parler en me voyant entrer subitement. Elle savait que ce n’était pas dans mes habitudes de venir interrompre un conseil, aussi elle me regarda avec de grands yeux surpris avant de se lever pour m’accueillir malgré le fait qu’elle soit un peu perdue. Sans changer d’expression ni même adresser un léger sourire, je rejoignis Jézabel à sa place au bout de la longue table pour aller lui répéter à l’oreille ce que je venais d’apprendre. Elle aussi ne parut pas des plus heureuses par cette nouvelle. Elle connaissait Davon sans pour autant en être très proche mais elle savait en revanche à quel point je tenais à lui. C’était la seule personne envers qui j’avais une dette, mon ami le plus fidèle et fiable quant à ce Blackwood elle ne l’avait jamais vraiment apprécié. Tout comme notre père elle le trouvait fourbe, menteur et elle avait toujours été d’accord pour le faire enfermer. Sans donner les détails de l’histoire, je me tournais ensuite vers les conseillers le regard noir et froid. « Lancez un avis de recherche dans toute l’Europe pour Isaac Blackwood. Mort ou vivant je me fiche de savoir dans quel état on le ramènera ici tant qu’on me le ramène ! Et ce, même si ce n’est que ça tête empaillée. C’est compris ? » Ils prirent tous note et sortirent ensuite en vitesse de la salle pour remplir leur mission. Quant à ma sœur, je sentais qu’elle était un peu effacée. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi d’ailleurs. Qu’elle soit furieuse parce que je venais de mettre un terme à sa discussion c’était normal – même si je pense que c’était aussi une libération que je lui offrais – mais qu’elle reste pensive, je ne savais pas vraiment comment prendre sa réaction.
Aussi, après que la salle se soit entièrement vidée, le regard toujours fixé dans le vide, Jézabel finit par me dire ce qui lui trottait dans l’esprit. « Papa veut nous voir, il a dit que c’était important. Il semblait euphorique. Tu sais comme moi que cette attitude est étrange venant de lui. » Je baissai la tête en écoutant ma sœur, légèrement inquiet par ce qu’il nous attendait. 'Etrange' c’était le moins qu’on puisse dire… En réalité, il était rare de voir notre père heureux, encore moins sourire si ce n’est lorsqu’il y était obligé. Pas étonnant que le voir 'euphorique' nous laisse perplexe. Tout un tas de questions se bouscula dans mon esprit, et je savais qu’il en était de même pour Jéza'.
M’essayant sur la table face à elle après une longue minute de silence, je lui demandais quand nous devions nous présenter dans le salon principal et la réponse bien qu’elle ne m’étonna pas, ne me fit pas vraiment plaisir. Tout de suite. Merveilleux. Magnifique ! Ennuyant…
Silencieux comme des tombes, ou plutôt comme des condamnés qui partent affronter une fois de plus leur père, c’est l’un derrière l’autre que nous empruntâmes le chemin qui nous mena au salon, une vaste pièce qui n’avait pas changé de décor depuis plusieurs centaines d’années où il nous fit patienter pendant plusieurs minutes étant donné que nous étions en avance, le conseil s’étant terminé plus tôt que prévu… Nous patientâmes peut-être même des heures puisque j’eus le temps d’appeler un garde qui dévalisa la bibliothèque pour moi. En effet, si je devais attendre autant lire pour m’occuper. Enfin lire…. Survoler les lignes et comprendre la moitié du livre que je tenais dans les mains, c’était plus quelque chose comme ça. J’essayai d’occuper mon esprit, de me divertir pour ne pas m’endormir sur mon fauteuil, les bras croisés. Et puis je n’avais pas non plus envie de penser à ce qu’il nous attendait et me torturer l’esprit de miliers de questions. D’un côté, je prenais ça avec légèreté. Ce n’était pas la première fois que j’étais convoqué dans le bureau de mon père alors l’être une fois de plus, ça me faisait ni chaud ni froid. Le seul problème était que nous étions convoqués à deux. Chose peu banale. Et qui laissait planer un gros point d’interrogation.

Le nez toujours baissé sur mon livre, j’observai du coin de l’œil ma sœur se divertir avec son esclave. Au fond, elle me faisait rire. On aurait dit le chat qui jouait avec la souris. Ou dans le cas présent, le maître qui lançait la ba-balle au chien… Jézabel avait toujours des idées loufoques avec ses esclaves mais loin de m’insurger, ça m’amusait. En parlant d’esclave, j’adressai un regard au mien. Ce dernier, les jambes encombrées par ma pile de livre, commençait peu à peu à s’endormir. Il avait déjà la tête plus basse que tout à l’heure, son regard était loin et avec un raclement de gorge je lui fis comprendre qu’il devait se ressaisir. Surpris, il redevint droit comme un I, les yeux bien ouverts et le menton relevé comme Jules Cesar. J’avais envie de rire de son habitude mais je me retenais. Je n’avais pas envie ensuite qu’il fasse l’idiot en croyant que nous sommes devenus de proches amis. « Va chercher ! » L’éclaboussement bruyant de la balle qui entra dans la mare attira mon attention. Jézabel… « Tu sautes ou je te bouffe ! » Je souriais en coin. Ma sœur était vraiment étrange, mais c’est ce qui faisait son charme. Regardant de haut en bas l’esclave, je le suivais des yeux lorsqu’il s’apprêta à escalader la fenêtre. J’étais sidéré et à la fois mort de rire. Il comptait vraiment faire le toutou ?! C’était mignon… Près de moi, je sentais les muscles de mon esclave se tendre et les battements de son cœur aller crescendo. Ce n’était pas lui qui était visé mais il devait certainement avoir peur que je me lance moi aussi dans un jeu comme ça. La naïveté humaine… que c’était beau ! J’étais sûr que si ma sœur avait dit à l’esclave de se mettre une plume aux fesses il l’aurait fait sans rechigné, c’était bon signe d’un côté, cela signifiait qu’il était un bon esclave et non un pseudo rebelle qui discutait tous les ordres. Pris de pitié pour lui et aussi choqué qu’il puisse autant se rabaisser, je fis signe à l’humain de s’arrêter dans son entreprise après avoir fait claquer mon livre. « Tu comptes vraiment sauter mon gars ?! » Son regard apeuré en disait long sur ses intentions… On voyait qu’il avait honte mais à la fois qu’il se sentait obligé. Tournant la tête vers Jézabel avec un sourire blasé je me levais de mon siège tout en lui disant « Tu comptes vraiment le laisser sauter ?! T’es vraiment tarée ! » Puis après avoir rangé mon livre dans les rangées de la bibliothèque je m’avançai vers le fauteuil de ma sœur pour lui embrasser le front « Mais c’est pour ça que je t’aime… »
Nous n’avions ensuite pas attendu longtemps avant de voir apparaître la silhouette de notre père dans l’encadrement de la porte. Entre temps, l’esclave était redescendu et semblait tout penaud, à chaque fois que je le regardais il baissait les yeux honteux.

Cette réunion-ci me paru extrêmement longue et pesante… Je préfère même ne pas donner les détails pour juste dire que j’étais littéralement choqué. Mon père, un sourire accroché aux lèvres qui nous annonce nos fiançailles. Elle est pas belle la vie ? Dépité, je pense que c’est le mot qui illustrerait le mieux ma situation et celle de Jézabel. Dans un sens je savais pertinemment qu’un jour je devrais me marier. J’avais déjà été fiancé deux fois mais cela n’avait jamais abouti à un mariage. Comme les alliances entre pays, mes fiançailles s’étaient faites puis défaites, refaites avec une autre et de nouveau défaites… Seulement, notre père m’avait toujours averti à l’avance, il m’avait même demandé mon avis et s’était débrouillé pour me présenter ma future fiancée avant même que l’accord soit signé. Ce qui n’était pas le cas maintenant. Serena Olimpie Canticiela. Je ne connaissais que son nom, le nom de famille de la famille royale italienne. Je n’avais aucun visage à mettre dessus, pas même des échos que j’avais eu sur sa personnalité, le néant total. Je ne savais pas quoi en penser. En tout cas, on ne peut pas dire que ça m’avait réjoui. Je n’étais pas non plus totalement contre quoi que … disons simplement que ça me laisser bien pensif. Et perplexe aussi. J’appréhendais la rencontre. Heureusement, lorsque je faillis dire (une fois de plus) le fond de mes pensées à notre paternel, Jézabel fit barrage en prétextant que nous étions heureux de cet arrangement et que tout se passerait bien dans le meilleur des mondes. Lorsqu’elle avait dit ça, je n’avais pas pu m’empêcher de lever les yeux au ciel. Que notre père prenne des décisions pour le peuple c’était normal, mais qu’il fasse ce qu’il voulait de notre vie privé et affective, je ne pouvais pas le supporter. D’autant plus que cette fois-ci je sentais que le mariage serait inévitable… Or je n’avais pas la moindre envie de me marier avec une inconnue, de me marier tout court même.


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Comme je l’avais prédit, le mariage arriva. Et ce deux-cents ans après que notre père nous ait réunis dans son bureau. Je ne connaissais toujours pas ma future femme. Certes, je m’étais renseigné sur elle, mais je ne l’avais encore jamais eu devant moi. C’est donc le 09/08/12 que Jézabel et moi nous partîmes de Belfast pour la capitale vampirique américaine, Heartkiller. Une ville qui me rappelait beaucoup de souvenirs puisque j’avais pris par à la guerre contre Levinson. J’étais stressé, perdue, confus, révolté mais aussi emprisonné. Et encore heureux que j’avais ma sœur auprès de moi pour me soutenir et inversement sinon...